Les errements politiques et économiques qui encombrent depuis une bientôt une douzaine d’années les centres de décision de la République se traduisent souvent par des dilemmes, par bien des côtés cornéliens, dès lors qu’il s’agit de trancher dans le vif des dossiers qui engagent l’avenir des Tunisiens. Leur pouvoir d’achat en est un et les prix du carburant, erratiques dans le sens haussier, n’arrivent toujours pas à trouver un dénouement permanent. C’est qu’il est tributaire des cours mondiaux auxquels il arrive de flirter avec les sommets, d’une part, et de l’insoluble question de la compensation dont l’équilibre de la caisse est la hantise des pouvoirs publics, de l’autre.
D’ailleurs, l’avenir proche s’annonce critique avec une augmentation prévue des prix du carburant, selon une confirmation de la part du ministère de l’Industrie, de l’énergie et des mines.
Réduction des subventions
« Il est probable que les augmentations seront significatives, si le gouvernement achève la préparation du plan lié à la réduction des subventions allouées aux hydrocarbures, compte tenu de la hausse du prix mondial du pétrole à plus de 80 $ par baril contre 40 dollars au cours de l’année 2020 », a déclaré Houcine Dimassi, ancien ministre des Finances , soulignant qu’une réduction du volume des subventions de plus d’un milliard de dinars entraînerait une augmentation significative des prix.
En attendant l’achèvement de la préparation du mécanisme du levée progressive, actuellement en phase d’étude par le ministère de l’Industrie, la hausse qui devrait être annoncée au cours de cette période sera faible. Toutefois, les prix vont considérablement grimper au cours de la période à venir, selon la déclaration du Dimassi à Africanmanager ar, lundi 8 novembre 2021.
Il estime que la levée des subventions « est devenue une nécessité et n’est plus une option au vu de la dégradation continue des finances publiques », notant que ce système a « épuisé » le budget de l’Etat.
Rabotage des salaires ?
Dimassi affirme qu’« une baisse des salaires vaut mille fois mieux qu’une augmentation des prix des carburants et des impôts, indiquant à cet égard que l’augmentation des prix des carburants entraînera celle des prix de tous les articles de consommation, tous secteurs confondus.
Il a ajouté : « Nous savons d’emblée que le fonctionnaire tunisien rejette cette proposition, mais le nouveau gouvernement est tenu de mener une politique de communication et de chercher à convaincre les citoyens et les syndicats qu’il vaut mieux réduire les salaires qu’augmenter les prix du carburant ».
Il est à rappeler à cet égard que l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), a affirmé à plusieurs reprises son refus de réduire les salaires des fonctionnaires du secteur public et de la fonction publique, affirmant qu’il en coûte à tout le monde de porter atteinte aux droits légitimes des travailleurs lesquels ne sont nullement responsables de la crise financière que vit le pays.
Le directeur général des Hydrocarbures au ministère de l’Industrie, des mines et de l’énergie, Rachid Ben Dali, avait récemment fait savoir qu’il fallait procéder à un ajustement automatique des prix des carburants, ajoutant que l’augmentation était prévue depuis avril 2021, mais qu’elle n’a pas été suivi d’effet en raison de l’instabilité gouvernementale et des circonstances que le pays avait traversées.
Pour ce qui est de l’augmentation des subventions, le ministre a expliqué : « Ce système met à rude épreuve les finances publiques, d’autant plus que le secteur est lié à un marché mondial qui impose certaines contraintes à la Tunisie », soulignant que ce sujet est en cours d’examen.
« Le système de subvention est un sujet trop sérieux pour être traité avec le Fonds monétaire international, et il y a des propositions liées à la levée progressive des subventions », ajoute-t-il.
Il a également expliqué que le mécanisme de levée progressive est en cours d’étude pour déterminer le prix du carburant sans affecter la classe vulnérable et les personnes ayant besoin de ces subventions, et que son activation reste liée à une décision qui n’est pas du ressort du ministère de l’Industrie.
Dali a souligné que chaque dollar du prix du baril coûte pour la société et pour l’Etat environ 130 millions de dinars, ce qui est considéré comme une charge trop importante pour l’Etat au regard du cours actuel sur le marché pétrolier mondial.








