AccueilLa UNELes migrants "piégés" en Tunisie qui ne peut rien leur offrir

Les migrants « piégés » en Tunisie qui ne peut rien leur offrir

Ces dernières années, des milliers de migrants sont arrivés en Tunisie en provenance de la Libye voisine. Souvent récupérés en mer par les garde-côtes tunisiens après avoir quitté les plages libyennes, ils espèrent passer rapidement de la Tunisie à l’Europe. Mais ils se heurtent tous à la réalité économique du pays. Faute de travail et de revenus, ils ne peuvent pas payer les passeurs et se retrouvent « piégés » dans cette escale vers l’Eldorado.

Ils arrivent, de surcroît, dans un pays où les possibilités d’emploi se font de plus en plus rares , même pour les locaux. Plus de 742 000 personnes sont au chômage dans le pays, soit 17,8% de la population active. Le pourcentage chez les jeunes est supérieur à 40%, selon l’Institut national de la statistique.

La crise économique frappe particulièrement les migrants. Les touristes ont déserté la région à cause de la pandémie de coronavirus et le secteur de la construction peine à retrouver du travail. Ce sont les secteurs clés dans lesquels les migrants avaient l’habitude de travailler de manière informelle.

Tous les migrants rencontrés par InfoMigrants dans le sud de la Tunisie répètent la même chose : « Il n’y a pas de travail ».

« Nous ne pensions pas que ce serait si compliqué ».

Le nombre de migrants à Zarzis avoisine les 3 000, selon Mongi Slim, responsable régional de l’association humanitaire du Croissant-Rouge tunisien. Environ 300 personnes sont hébergées dans des centres gérés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), tandis que les autres louent des appartements en ville.

La plupart d’entre eux se sont retrouvés dans le pays « accidentellement », rapporte Slim. Ils ont quitté la Libye sur une embarcation de fortune avec l’Europe comme destination et ont dérivé jusqu’aux côtes tunisiennes où ils ont été secourus par les autorités.

Aucun d’entre eux ne voulait rester sur place. Certains d’entre eux avaient l’espoir de s’installer en Tunisie pour un temps, mais leur quotidien précaire a changé leurs plans. Piégés dans le pays, les migrants ont toujours le même rêve : rallier un pays européen.

Mais parvenir à atteindre leur vision du nirvana européen est plus compliqué qu’ils ne l’avaient imaginé. Le coût de la traversée de la Méditerranée avoisine les 2 000 € depuis les côtes tunisiennes. Il leur est impossible de payer un passeur avec leurs ressources limitées. Par conséquent, ils se retrouvent bloqués en Tunisie, souvent pendant plusieurs années.

« La Tunisie est un enfer caché. On meurt à petit feu », déclare une Ivoirienne de 33 ans rencontrée par InfoMigrants à Médenine. « En Libye, on savait à quoi s’attendre mais on ne pensait pas que ce serait aussi compliqué ici », poursuit cette mère de quatre enfants.

Le retour en Libye

Le manque de travail et d’argent pousse même certains migrants à retourner en Libye, malgré les risques qu’ils encourent. Le prix d’une traversée vers l’Europe est également moins élevé : il faut compter environ 650 € pour partir des côtes libyennes, soit trois fois moins que depuis une plage tunisienne.

« Au moins, en Libye, tu peux travailler et essayer de prendre la mer », explique un Soudanais de 32 ans. . « Nous sommes venus, un concitoyen et moi,  en Tunisie parce que nous pensions que c’était un pays sûr, mais si j’avais su que c’était comme ça, je serais resté en Libye », ajoute le jeune homme, arrivé dans le pays deux ans plus tôt en traversant la frontière terrestre.

Les deux Soudanais ont obtenu l’an dernier le statut de réfugié du HCR en Tunisie. Mais en l’absence de politique d’intégration, les réfugiés se retrouvent souvent dans la même situation précaire que les sans-papiers. Le duo vit depuis deux ans dans un centre de l’agence des Nations unies à la périphérie de Zarzis – le magasin le plus proche est à 20 minutes de vélo – et se plaint du manque de perspectives. Sans le soutien financier d’environ 200 dinars par mois du HCR, ils ne pourraient pas s’en sortir, disent-ils.

Bien que signataire de la Convention de Genève sur les réfugiés, la Tunisie n’a pas établi de cadre juridique national pour son application. De ce fait, les questions d’asile et de protection sont déléguées au HCR. Depuis le début de l’année, 2 951 personnes ont obtenu un statut officiel dans le pays. L’organisation héberge les réfugiés dans des centres répartis dans tout le pays ou dans les 75 appartements mis à leur disposition.

Le représentant adjoint du HCR en Tunisie, Laurent Raguin, reconnaît à demi-mot que la situation peut être difficile pour les migrants et les réfugiés en Tunisie, « mais elle n’est pas simple non plus pour les Tunisiens. » Pour le cadre, il y a du travail disponible, mais beaucoup refusent les offres. « Une entreprise avait accepté d’embaucher plusieurs centaines de réfugiés, mais elle n’a pas trouvé preneur », dit-il.

« A part une aide financière et un logement, le HCR ne fait rien pour nous et ne nous aide pas à trouver un emploi », affirment les deux amis. Ils disent vouloir travailler et se former à un métier, mais « rien n’est organisé dans ce sens ». « Ici, on mange et on dort, c’est tout », déplore l’un  d’eux, le regard vide.

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1 COMMENTAIRE

  1. il est temps que les autorités ferment les frontières aux migrants clandestins qui prennent les cotes tunisiennes une plateforme de départ clandestin vers les cotes italiennes et de les rapatrier chez eux dans leurs pays qui n’ont pas des guerres civiles ou des troubles nous avons trop des problèmes économiques sociales financières sécuritaires et sanitaires et qu’on n’a pas les moyens de supporter la misère des migrants subsahariens et autres nous sommes très pauvres et manquent de tout nous traversons la pire crise de de notre histoire depuis la révolution bénie le HCR doit les trouver des places dans les pays d’accueil ou les rapatrier dans leurs propres pays qui ont une bonne croissance économique et une stabilité politique , le Maroc et l’Algérie ont maîtrisé le controle de leurs frontières et ils n’ont pas eu une vague importante de migrants subsahariens ou asiatiques le contraire de la Tunisie et de la Libye , l’émigration clandestine est devenue ces 20 dernières années une mode dans les pays du tiers monde pour fuir leurs pays et chercher l’eldorado des pays européens ou américains

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