La présidence du Gouvernement a élaboré un programme dédié aux négociations avec le Fonds monétaire international, à l’effet d’obtenir de nouveaux fonds pour financer le budget de l’Etat et sortir de la crise économique étouffante vécue depuis quelques années.
Le programme du gouvernement comprend un certain nombre de réformes liées principalement au gel de l’augmentation des salaires dans le secteur public entre 2022 et 2024, ainsi qu’au gel des recrutements dans la fonction publique et le secteur public, outre l’abandon des dettes des entreprises publiques ainsi qu’une révision de la politique de l’État relative à sa participation dans le capital des entreprises publiques « non stratégiques », et leur cession à (à partir de 2022), ainsi que la levée des subventions aux carburants jusqu’à ce qu’elles atteignent leur prix réel (2022-2026), selon un document fuité consulté par l’organisation I Watch.
La masse salariale et les entreprises publiques , une fixation récurrente
Selon la même source, le gouvernement envisage d’augmenter les redevances pour la consommation d’électricité et de gaz et de mettre en place un système électronique qui permet l’enregistrement et la gestion des transferts financiers aux groupes concernés par la perception d’une compensation pour la levée des subventions pour les produits de base à partir de l’année 2023.
Il est prévu que le gouvernement présente son programme au FMI au cours de la prochaine période , selon le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail Noureddine Taboubi qui s’exprimait à l’ouverture des travaux de la Commission administrative nationale administrativedu syndicat à Hammamet.
Taboubi a souligné que l’organisation syndicale est sous pression concernant le contenu de ce document, à savoir les mesures qui concernent la baisse des salaires, voire leur gel et la cession de certaines entreprises publiques par la vente les parts appartenant à l’Etat ainsi que la levée des subventions pour les carburants.
Déjà, la ministre des Finances Sihem Boughdiri Namsia avait confirmé que la loi de finances 2022 est un signal du lancement du programme de réformes du gouvernement en place sur une période de 4 ans, plus précisément de 2022 à 2026, et marque également le lancement de l’accord avec le Fonds monétaire international.
Elle a révélé dans une déclaration à Mosaïque la semaine dernière, que les négociations avec le Fonds monétaire international commenceront début 2022.
La ministre a exprimé l’espoir que le décaissement de la première tranche de 350 millions de dollars à la Tunisie par le Fonds ne dépassera pas le mois d’avril 2022.
Engagement de toutes les composantes nationales
Elle a, également, souligné que le dossier des négociations avec le Fonds monétaire international représente en soi un programme de réformes gouvernementales. Il fera l’objet de discussions avec toutes les parties prenantes. Deux versions ont été soumises, en effet, l’une à l’UGTT, l’autre à l’UTICA, en plus de la création d’un comité composé de toutes les parties et les élites pour donner leur avis et en discuter.
La ministre a précisé que le programme de réformes a été mis en place en tenant compte de l’approche du gouvernement de Najla Bouden, des attentes du peuple tunisien et des réserves du FMI.
Selon des experts internationaux, la Tunisie fait appel au FMI afin qu’il lui débloque une nouvelle aide financière, tout en faisant remarquer qu’un prêt bancaire ne suffira pas à régler la situation du pays.
De plus, on prête au FMI l’intention d’exiger un engagement politique global c’est-à-dire du président de la République, de son gouvernement, des acteurs sociaux et des représentants de la société civile.
Il est à rappeler qu’en avril 2020 le FMI avait déjà débloqué 745 millions d’euros pour aider le pays, en contrepartie de mesures destinées à rétablir la stabilité politique et économique. Mais l’incapacité du pays à former un gouvernement solide bloque la mise en place des réformes voulues par le FMI.








