La Tunisie se trouve dans une situation financière très difficile, non à cause des mesures prises le 25 juillet par le président de la République, Kaies Saied, mais plutôt en lien avec l’accumulation des années postrévolutionnaires due à l’enchaînement de gouvernements dépourvus de stratégie réaliste pour les finances publiques, a déclaré le ministre des Affaires étrangères de l’Immigration et des Tunisiens Othman Jerandi.
Dans une conférence de presse, ce vendredi, il a assuré que « les négociations de la Tunisie ne se sont jamais arrêtées avec aucun bailleur de fonds international », et ce en réponse à la question de African Manager sur la situation financière critique du pays et la manière dont la diplomatie tunisienne y fait face.
Le ministre tunisien des Affaires étrangères a évoqué une forme de refroidissement dans les relations diplomatiques de la Tunisie avec certains pays amis et frères, précisant que le président Kaies Saied a expliqué, lors de nombre de ses entretiens, le contexte, les raisons et les tenants et aboutissants des décisions du 25 juillet.
Il a, également, révélé que la Tunisie va lancer des discussions avec le Fonds monétaire international espérant que cela conduira à la création d’une dynamique rapide dans les relations entre la Tunisie et d’autres grandes institutions financières internationales.
La même source a estimé que la Tunisie montrera le sérieux qui caractérise sa politique au FMI dans la mise en œuvre de son programme de réformes économiques, notant que « nos relations internationales sont bonnes et continues et fonctionnent jusqu’à présent dans le cadre de commissions mixtes ».
Des réformes quadriennales
De son côté, la ministre des Finances Sihem Boughdiri Namsia avait confirmé que la loi de finances 2022 est un indicateur du lancement du programme de réformes du gouvernement actuel sur une période de 4 ans, plus précisément de 2022 à 2026, et marque également le lancement de l’accord avec le Fonds monétaire international.
La ministre a, également, exprimé dans une déclaration de presse, son espoir que le décaissement de 350 millions de dollars comme premier versement à la Tunisie n’ira pas au-delà du nmois d’avril 2022.
La Présidence du Gouvernement a préparé, d’ores et déjà, un programme dédié pour les négociations avec le Fonds monétaire international, afin d’obtenir de nouveaux fonds pour financer le budget de l’Etat et sortir de la présente crise financière.
Le programme du gouvernement, selon un document fuité consulté par I Watch, comprend un certain nombre de réformes liées principalement au gel de l’augmentation des salaires dans le secteur public entre 2022 et 2024, ainsi qu’à la suspension des recrutements dans la fonction publique et le secteur public, outre l’abandon des dettes publiques des entreprises publiques et une révision de la politique de l’État au titre de sa participation dans le capital des entreprises publiques « non stratégiques » à partir de 2022, ainsi que l’augmentation des subventions aux carburants jusqu’à ce qu’elles atteignent leur prix réel (2022-2026).
Le gouvernement envisage, selon la même source, d’augmenter les redevances pour la consommation d’électricité et de gaz et de mettre en place un système électronique qui permet l’enregistrement et la gestion des transferts financiers aux groupes concernés par la perception d’une compensation en contrepartie de la levée des subventions pour les produits de base à partir de l’année 2023.








