Dépendant presque exclusivement des importations de céréales produites sur le pourtour de la Mer noire, principalement l’Ukraine et dans une moindre mesure la Russie, la Tunisie nourrit de sérieuses et lancinantes craintes sur son approvisionnement futur en blé, à partir de ces géants céréaliers au bord d’une guerre que les Américains disent imminente.
C’est que la Tunisie fait partie d’une région où se trouvent les plus grands importateurs de blé au monde. Les pays tels que l’Égypte, l’Algérie et la Libye produisent moins de la moitié des céréales – en particulier le blé – consommées par leur population chaque année.
Alors que les tambours de guerre se font entendre en Europe de l’Est, le signal d’alarme retentit chez eux. D’autant que l’Ukraine, cinquième producteur mondial de blé en 2019, exporte la majorité de sa production vers cette région. Les pays tels que l’Égypte et la Tunisie figurent parmi les marchés étrangers à plus forte croissance pour le blé ukrainien cette même année, l’Égypte était même le principal destinataire de ces exportations.
Si une guerre éclate, les exportations de blé russe seront assurément affectées, en particulier si le conflit se prolonge. Et les craintes légitimes des effets de la crise sur l’approvisionnement en céréales de l’Afrique du Nord coïncident avec les perspectives d’une chute de la production de blé russe en 2021-2022, conséquence des mauvaises conditions climatiques, en particulier des étés chauds et secs.
Dans le même temps, de graves sécheresses dans la plupart des pays d’Afrique du Nord, notamment la Tunisie, l’Algérie et le Maroc, devraient également accroître les importations céréales. Cela survient alors que l’économie des États de la région continue à souffrir des effets de la pandémie, relève le Middle East Eye.

Presque quatre millions de tonnes pour la Tunisie
Le pain est un élément essentiel du régime alimentaire des Égyptiens et les menaces pesant sur les chaînes d’approvisionnement de certains fournisseurs pourraient amener le gouvernement à chercher des alternatives.
En Tunisie aussi, les problèmes économiques pâtiront des tensions croissantes entre la Russie et ses adversaires. Peuplé d’environ 11 millions de personnes, le pays est embourbé, en plus, dans des problèmes politiques qui viennent s’ajouter à une interminable crise économique et financiètre.
La Tunisie est très dépendante des importations de céréales. Celles-ci devraient atteindre un niveau moyen de 3,7 millions de tonnes pour l’année commerciale 2021-2022, un volume inchangé par rapport à l’année précédente.
Le blé représente près de la moitié du total des céréales importées par la Tunisie. Celles-ci proviennent de nombreux fournisseurs, dont les principaux sont l’Ukraine et la Russie.
C’est pourquoi, on s’inquiète en Tunisie de l’escalade des tensions entre les deux pays. Cette crise, estiment les spécialistes tunisiens, affecterait de manière négative la fourniture de céréales à leur pays. Le gouvernement tunisien a déjà commencé à chercher des alternatives.
La Tunisie , qui a cultivé des céréales sur une superficie agricole de 810 000 hectares en 2021, a produit 1,6 millions de tonnes de céréales cette même année, soit moins de la moitié de ses besoins nationaux.
Cela survient alors même que les agriculteurs du pays évitent de cultiver du blé sur leurs terres à cause d’une série de facteurs dont le faible prix à la vente, lequel est fixé par le gouvernement.
De plus, les changements climatiques affectent la capacité de la Tunisie à produire suffisamment de nourriture pour sa population, en raison de facteurs tels que les précipitations insuffisantes et les sécheresses.
L’éventuelle rupture d’approvisionnement survient au mauvais moment pour l’Algérie, autre pays du Maghreb extrêmement dépendant des importations de céréales.
Les pluies insuffisantes l’année dernière ont provoqué une chute de 40 % de la production céréalière algérienne, y compris de blé, ce qui signifie que les autorités algériennes ont dû compenser les pénuries en augmentant les importations.
La même année, l’Algérie a produit 3,9 millions de tonnes de céréales, tout en important 7 millions de tonnes.








