Les derniers indicateurs statistiques publiés par le ministère du Commerce en début de semaine ont révélé que les exportations tunisiennes ont augmenté de 20,5%, presque autant que les importations qui ont enregistré une hausse de 22,2%, entraînant une aggravation du déficit commercial de 27,1%.
En somme, le déficit de la balance commerciale n’a de cesse de se creuser depuis 2010. Il est passé de 8,3 milliards de dinars, cette année-là, à 19,41 milliards de dinars en 2019 (soit une augmentation de 11,1 milliards de dinars), et le taux de couverture a diminué de 4,6 points (de 73,9 % en 2010 à 69,3 % en 2019).
Accords injustes
Ceci est naturellement dû au volume élevé des importations par rapport aux exportations pour plusieurs raisons, dont la plus importante est la dépréciation du dinar et la hausse des prix internationaux, notamment les prix du carburant.
Circonstance éminemment aggravante, de nombreux accords signés auparavant par la Tunisie accordent de multiples privilèges aux autres pays sans en tirer de dividendes si peu significatifs soient-ils ; en un mot des accords injustes qui doivent être révisés, à l’instar de l’accord commercial avec la Turquie.
D’ailleurs, la Tunisie a commencé à étudier la révision de l’accord de libre-échange avec la Turquie, à la suite de la dégradation de son économie, et ce afin de protéger la production locale.
Selon les indicateurs statistiques officiels, le déficit commercial avec la Turquie s’est aggravé, surtout depuis 2007. En fait, il a doublé plus de 5 fois jusqu’en 2020 passant de -409,2 MD en 2007 à -2140 MD en 2020.
Il en est résulté une baisse notable du taux de couverture des importations par les exportations, se situant au niveau le plus faible d’environ 13,8% en 2019 en raison d’une expansion du déficit de 2466,8 MD, qui est considéré comme la valeur maximale enregistrée pour le déficit depuis l’entrée en vigueur de l’accord de partenariat.
Propositions pour stimuler les exportations
Face à cette situation, le ministère du Commerce se propose d’adopter une autre approche qu’il estime conséquente, consistant à rationaliser les importations d’origine turque et à valoriser les exportations nationales, ainsi qu’à mettre l’accent sur la nécessité de tirer parti de toutes les opportunités de coopération économique et technique susceptibles de faire progresser l’économie nationale au niveau des exportations, en augmentant leur volume et en améliorant et facilitant l’accès au marché turc, ainsi qu’en élargissant la base des produits exportés.
Concernant les importations, une note émanant du ministère souligne qu’à travers la loi de finances de 2018, l’article 17 de l’accord de partenariat avec la Turquie a été activé, ce qui augmente les droits de douane imposés sur les produits inclus dans l’annexe 2 de l’accord, mais les produits énumérés à l’annexe 2 de l’accord ne dépassent pas les importations représentent 20% des importations totales de la Tunisie des produits manufacturées turques.
Dans ce contexte, il est suggéré que des consultations aient lieu avec la partie turque afin de revoir les listes de produits concernés.
L’arnaque turque du certificat d’origine
La note du ministère du Commerce fait état d’irrégularités et d’entorses aux règles du commerce international entachant l’importation de certains produits de Turquie, tels que certains produits chinois ayant obtenu le certificat d’origine turque qui sont exportés vers la Tunisie avec des prix préférentiels dans le cadre de l’accord, ainsi que l’importation des produits contrefaits de marques tunisiennes fabriqués en Turquie et promus sur le marché libyen et où ils sont fallacieusement présentés comme des produits tunisiens.
Il est à noter que la zone de libre-échange entre la Tunisie et la Turquie a été instituée en vertu de l’accord de partenariat signé en Tunisie le 21 novembre 2004, entré en vigueur le 1er juillet 2005.
Cet accord permet d’exonérer totalement tous les produits industriels des droits de douane, et prévoit également d’exonérer certains produits agricoles de ces droits jusqu’à un certain plafond, à l’instar des dattes exportées dans la limite de 5 000 tonnes.








