Une réunion devait se tenir ,ce lundi, entre le secrétaire général de l’UGTT et des représentants du Syndicat de la Banque franco-tunisienne ( BFT) ainsi que de la Fédération des banques, au sujet du sort des employés de la BFT, selon un post publié par l’attaché de presse de l’Organisation ouvrière Ghassen Kssi, qui a ajouté sentencieusement que « la Banque franco-tunisienne sera officiellement fermée ».
Il est à noter que la chambre criminelle compétente en matière de corruption financière au Tribunal de première instance de Tunis a décidé le 9 décembre 2021 de « clore » le dossier de la BFT en attendant l’issue de pourvoi de cassation formé contre l’ordonnance de la chambre des mises en accusation, qui a renvoyé le dossier devant la chambre criminelle.
L’affaire de la BFT remonte à l’année 1989 mais la crise à laquelle elle a donné lieu s’est aggravée après 2011, alors que le gouvernement tunisien enchaînait des pertes énormes s’élevant à 968 millions de dollars, ce qui équivaut actuellement à 3000 millions de dinars, raison pour laquelle de nombreux ministres et politiciens considéraient cette affaire comme une affaire de corruption majuscule.
Le chef du collectif de défense de l’ancien ministre des Domaines de l’État et des Affaires foncières, Mabrouk Korchid, avait précédemment confirmé à AfricanManager que le ministre des Domaines de l’État à l’époque de la troïka, Salim Ben Hamidan, avait effectivement commis de nombreux abus prémédités, lors de son passage à la tête dudit Département , dans sa gestion de l’affaire de la BFT. Il a aussi souligné que ces dossiers prouvaient l’implication de Ben Hamidan, de la responsable du contentieux de l’Etat en 2012 ainsi que ses conseillers Hamid Nagaaoui et Mongi Sfar.
Les « manipulations » de Ben Hamidane
La même source a indiqué que l’ancien ministre Ben Hamidan a délibérément retiré ce dossier au cabinet d’avocats qui défend les intérêts de l’Etat tunisien, et l’a confié aux conseillers susmentionnés, tout en affirmant en premier lieu, avoir conclu de manière « diabolique », un contrat de conciliation avec Abdel Majid Bouden, le principal suspect dans cette affaire et propriétaire de l’Arab Investment Corporation ABCI.
Ensuite, à la date du 20 septembre, Ben Hamidan a chargé la responsable du contentieux de l’Etat d’écrire à la cour d’appel afin d’obtenir une amnistie dont profiterait Bouden.
Par ailleurs, la correspondance émanant de Afifa Bouzidi, soulignait que le décret-loi n° 1 de l’année 2011 autorisait l’inclusion de Bouden parmi les bénéficiaires de l’amnistie , car la qualification politique des crimes qui lui ont été imputés par le gouvernement au travers des consignes gouvernementales était la cause directe de la condamnation et l’insistance sur la criminalisation malgré le maintien des accusations.
Bien que ben Hamidan ait nié à plusieurs reprises avoir eu connaissance de l’accord de conciliation au bénéfice de Bouden, « accusant son conseiller Hamid Nagaoui d’avoir mené cette tâche à titre individuel », un certain nombre de correspondances secrètes entre lui et le ministre de la Justice de l’époque Noureddine Bhiri ont prouvé son implication et sa parfaite connaissance des agissements de ses conseillers.
En fait, Ben Hamidan a écrit à plusieurs reprises au ministère de la Justice pour accorder à l’adversaire de l’État (Abdel Majid Boden) une amnistie, et la réponse du ministre de la Justice de l’époque a été à deux reprises que Boden ne remplissait pas les conditions du bénéfice de l’amnistie.
Le CIRDI entre en lice
En revanche, le Tribunal arbitral international CIRDI a établi la responsabilité de l’État tunisien dans cette affaire outre son affirmation de la violation par l’État de l’ordre international et du droit international en ne protégeant pas les fonds des investisseurs étrangers à l’intérieur du pays, en plus de leur gel.
De son côté, l’instance a retenu l’hypothèse que l’ancien président du conseil d’administration de la société arabe d’investissement (Abdelmajid Boden) était menacé, ce qui l’a contraint à signer l’accord de 1989, aux termes duquel toutes les actions de la société arabe d’investissement ABCI ont été transférées aux comptes de la société mère qui est la Société Tunisienne de Banque (STB).
Rappelons que l’Arab Investment Company ABCI a été créée le 18 mai 1982 en partenariat entre le prince saoudien Bandar ben Khalid ben Abdelaziz Al Saoud et l’homme d’affaires tunisien Abdel Majid Bouden qui détient l’autre moitié.
Et puis la Banque franco-tunisienne a décidé le 18 juin 1981 de porter son capital d’un million de dinars à 5 millions de dinars par la création de 800 mille nouvelles actions d’une valeur estimée à 5 dinars chacune. La banque détient environ 94% du capital de Banque franco-tunisienne.
Ainsi, l’homme d’affaires tunisien Abdel Majid Bouden a postulé à cette offre et a pu obtenir une autorisation du ministre du Plan et des Finances de l’époque, Mansour Moalla, comprenant l’autorisation d’investir à hauteur de 50 % dans la Banque franco-tunisienne.
En juillet 1984, l’Arab Investment Company devient officiellement propriétaire de 53,6 % des actions de la Banque franco-tunisienne, ainsi que la Société tunisienne de Banque, qui devient actionnaire minoritaire. Entre-temps, le prince Bandar se retire de l’Arab Investment Company Corporation ABCI, et les problèmes ont commencé, depuis cette date, jusqu’à ce jour.









Il ne faut pas que cette affaire et ce gachis qui a coûté cher aux tunisiens passent inaperçu, tous les intervenants dans cette affaire doivent être jugés, c’est ça la vraie justice. Ceux qui gèrent mal les affaires de l’Etat ne doivent pas être à la tête des institutions de l’Etat. Les incompétents doivent être out, il faut veiller sur les intérêts de l’Etat et de la communauté tunisienne. A suivre cette affaire….