Dans un pays comme la Tunisie qui s’échine à joindre les deux bouts et à donner de quoi manger à des millions de ses citoyens pour cause de crise économique et financière, il pourrait être de l’ordre des choses aberrantes de parler d’excellence scientifique et d’innovation. Pourtant, la Tunisie aligne, sans que cela se sache dûment, de hauts faits scientifiques qu’elle doit à ses talents aussi bien à l’étranger qu’à domicile. Le concours national de l’invention en est un marqueur majeur, une manifestation qui a commencé depuis novembre dernier et prendra fin le 6 mai 2022.
La directrice du département de la coordination et du développement régional de l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation, Neila Chtourou, dans une interview accordée à African Manager , a révélé que la Tunisie possède de nombreuses compétences distinguées en matière d’intelligence artificielle. Et à travers cet événement, qui a été lancé en 2016, elle vise à promouvoir l’innovation et l’invention, ainsi qu’à établir des passerelles entre la recherche scientifique, l’innovation et invention, et ce dans le cadre du développement industriel et de la création d’institutions.
Les sessions précédentes ont apporté la démonstration que la Tunisie compte des établissements et institutions de grande valeur et des ressources humaines reconnues pour leurs compétences au niveau mondial. Environ 300 participants, ayant des idées innovantes en technologie, ont été nominés pour le concours. Un nombre qui a largement dépassé les attentes, alors que les gagnants de la première session ont participé à un salon international comprenant 120 pays au Koweït, où ils se sont également classés dans les premiers rangs, ce qui confirme que l’évaluation a effectivement été réalisée conformément aux normes et standards internationaux, précise Chtourou.
Concours méditerranéen pour une invention internationale
Dans le cadre du développement et de l’expansion, et en considérant l’invention comme un système international, la session 2022 connaîtra une compétition méditerranéenne pour une invention internationale, dont les 10 lauréats pourront participer à la Coupe du monde de la recherche scientifique et l’invention internationale que la Tunisie abritera cet été avec la participation de 30 pays.
La responsable à l’Agence pour la promotion de l’industrie a expliqué que l’invention gagnante sera reconnue internationalement et que le gagnant pourra obtenir le brevet de son invention gratuitement.
Le processus d’acceptation des dossiers se poursuit actuellement sur le site de l’agence via le lien www.tunisieindustie.nat.tn, sachant que l’annonce officielle des lauréats se fera le 27 août prochain.
« Nous nous attendons à une participation de haut niveau, et ce concours ouvrira de grandes perspectives pour les lauréats », a déclaré la responsable.
Cet événement vise à souligner l’importance de la transformation numérique de l’entreprise industrielle pour accroître sa compétitivité, tout en encourageant toutes les entreprises industrielles et tous les industriels à s’engager tôt dans l’industrie intelligente pour soutenir la compétitivité.
Vers une industrie intelligente
Ce rendez-vous vise également à soutenir un travail commun pour préparer un plan national de transition vers l’industrie intelligente.
Pour ce qui est des secteurs concernés par ce concours, tous les secteurs économiques le sont sachant que la participation se fait selon trois catégories: inventeur indépendant local, inventeur institutionnel local et un inventeur étranger.
Problèmes au niveau des capacités de gestion
La directrice du département de la coordination et du développement régional a confirmé que le secteur des services liés à l’industrie des technologies modernes connaît un développement constant dans plusieurs domaines, tels que la fabrication des composants automobiles et aéronautiques … soulignant que « notre problème en Tunisie est que chaque investisseur travaille seul sans qu’il y ait interopérabilité d’industriels ».
Elle a, également, souligné la nécessité d’établir un système national d’innovation et d’invention, notant que l’intention existe d’organiser des programmes de sensibilisation dans les écoles et les établissements de l’enseignement secondaire.
Neila Chtourou a indiqué que l’aspect financier n’est pas le seul problème qui empêche la réussite des projets, indiquant que les jeunes entrepreneurs font face à d’autres obstacles au niveau de l’encadrement et au niveau des capacités managériales.
Elle a souligné que la loi sur l’investissement de 2016, à son tour, a besoin d’amendements et de changements qui ouvriraient des voies à ceux qui souhaitent se lancer à leur propre compte et réussir leurs projets industriels.
Au total, l’Agence pour la promotion de l’industrie et du renouveau reçoit chaque année environ 15 000 autorisations d’investissement, dont 40 % sont mises en œuvre sur le terrain.








