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Fathi Nouri: Le salut passe par la création de richesse et le retour de la production

Au regard  de la situation économique difficile qu’elle traverse, la Tunisie a besoin de faire montre d’un surcroît de lucidité à la faveur de laquelle  elle sera en état d’améliorer la  gestion  de la chose publique pour l’orienter vers la création de richesse et la relance de la croissance économique, comme l’a affirmé  le professeur d’économie et ancien membre du Conseil d’administration de la Banque centrale, Fathi Al-Nouri.

Dans une interview accordée à  African Manager ar, il a  déclaré  s’attendre que  les écueils  auxquels  l’économie mondiale  s’est  heurtée  au cours de la période récente en raison de la guerre russe contre l’Ukraine, qui a éclaté fin février, auront sans aucun doute des répercussions sur l’économie nationale.

Les répercussions de la guerre sur le marché tunisien

Fathi Nouri a  précisé  que les retombées  sur la Tunisie seront liées à la facture énergétique, qui représente 30% du volume des importations, ainsi qu’à ses graves effets sur la balance commerciale et courante.

Il a souligné que les répercussions de cette guerre ne sont pas seulement liées au prix du baril de pétrole, qui connaît une hausse, mais que le vrai danger réside dans ses effets sur la balance énergétique actuelle.

À court terme, les répercussions se traduiront par de nouvelles hausses de prix et des taux d’inflation plus élevés, qui devraient atteindre progressivement 7 %, courant cette année « en raison des turbulences sur nos marchés compte tenu de l’absence de croissance économique et du déséquilibre des systèmes de production ».

Flambée des prix  du carburant

En ce qui concerne l’augmentation du prix des carburants due à la hausse des cours mondiaux de l’énergie ,  l’économiste a souligné que cette flambée  s’est  imposée à tous les pays du monde, et en Tunisie l’augmentation sera graduelle et conforme aux  coûts associés à l’importation.

Il n’en a pas moins noté une différence  entre les prix pratiqués en Tunisie  est ceux en vigueur dans des pays comparables, et  ce pour cause de vérité des prix, rappelant que les cours du pétrole ne sont déterminés ni par la Kasbah, ni par le palais  de Carthage encore moins par d’autres intervenants. »

S’agissant de la différence entre le prix réel du litre d’essence et le prix de vente, il a indiqué qu’elle est payée de deux manières :  à travers des subventions qui affectent directement le budget de l’Etat, et par l’augmentation progressive du prix, qui se reflète dans le coût de production et le pouvoir d’achat du citoyen.

Il est à noter que les prix des carburants en Tunisie ont été relevés à deux reprises depuis le début de 2022 de 3% (65 millimes), dans le cadre du mécanisme d’ajustement des prix des produits pétroliers.

Climat politique délétère

 Fathi Nouri a qualifié le climat politique en Tunisie de délétère, considérant que le problème tient plus aux systèmes qu’aux gouvernements, et qu’en en les révisant, le pays prendra le  cap d’une amélioration, selon ses prévisions.

Il a souligné que la seule et optimale solution pour sortir de la crise loge dans  la création de la richesse et le retour de la production pour tirer la croissance économique.

Nouvelle notation souveraine de la Tunisie

Parmi les derniers développements majeurs  à caractère financier, économique et politique, affectant la Tunisie, figure  la dégradation  par l’agence internationale de notation Fitch ,  vendredi, de la note souveraine de la Tunisie de « B- » à « CCC ».

« Cette note reflète l’augmentation des risques financiers et de liquidité externe dans le contexte de nouveaux retards dans l’accord sur un nouveau programme avec le Fonds monétaire international », a expàliqué l’agence dans un communiqué.

Elle a ajouté que « l’accord avec le Fonds monétaire international exige de réduire l’opposition sociale et les frictions constantes avec les syndicats, en plus de la capacité du gouvernement à adopter de fortes mesures d’assainissement budgétaire ».

Fitch s’attend à ce que le déficit budgétaire de la Tunisie reste à des niveaux élevés, autour de 8,5% du PIB en 2022, contre 7,8% l’année dernière 2021.

L’agence s’attend également à ce que la dette publique atteigne 84% du PIB en 2022 et 84,7% en 2023.

Elle a expliqué que « compte tenu de l’incapacité de la Tunisie à accéder aux marchés financiers mondiaux, elle continuera à compenser le financement extérieur en empruntant massivement sur le marché intérieur ».

Elle a souligné que « la dépendance croissante de la Tunisie vis-à-vis de la finance intérieure et des prix internationaux des matières premières a entraîné une hausse de l’inflation », prévoyant que « le taux d’inflation moyen atteindra environ 8% en 2022 ».

Le taux d’inflation en Tunisie a augmenté au cours du mois de janvier, à 6,7%, rappelle-t-on.

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