La balance commerciale alimentaire a enregistré au cours du mois de février 2022, un déficit de 378,6 MD (millions de dinars), contre un déficit de 180,6 MD durant la même période de l’année précédente, enregistrant un taux de couverture de 74,6%, contre 83,3% en 2021, a annoncé, mercredi, l’ONAGRI.
Selon la publication mensuelle de l’Observatoire National de l’Agriculture, « La balance commerciale alimentaire jusqu’à fin février 2022 », la part du déficit de la balance commerciale alimentaire dans le déficit de la balance commerciale globale, a augmenté de 4,9 points de pourcentage par rapport à la même période de l’année dernière, passant de 9,5% à 14,5%.
Les exportations alimentaires nationales ont enregistré une hausse de 23,9%, alors que les importations ont augmenté de 38,2%, en termes de valeur. Le déficit enregistré est essentiellement, le résultat de l’accroissement du rythme des importations des céréales (+32,0%), du sucre (+236,5%) et des huiles végétales (+119,6%) et ceci malgré la hausse des exportations de l’huile d’olive (+48,9%).
A l’échelle de l’exportation, une nette amélioration du prix moyen de l’huile d’olive (10,79 DT/kg) a été enregistrée, en hausse de 41,1% par rapport à l’année précédente. Les prix des agrumes, ont, aussi, augmenté de 6,7%. Par contre, ceux des produits de la pêche, des tomates et des dattes ont baissé respectivement de 18,5%, 17,9% et de 9,8%.
Au niveau de l’importation, les prix des produits céréaliers (blé dur, blé tendre, orge et maïs) ont enregistré une hausse variant entre 34% et 97% par rapport à l’année dernière. Les prix des céréales ont progressé de (+97,1%) pour le blé dur, (+44,2%) pour le blé tendre, de (+57,0%) pour l’orge et de (+34,2%) pour le maïs.
Ces prix ont subi une croissance depuis juillet 2021. L’impact de la guerre entre la Russie et l’Ukraine n’a pas encore été ressenti, d’après l’ONAGRI.
A fin février 2022, l’observatoire note aussi une hausse importante des importations de viandes, de pomme de terre, de sucre et des huiles végétales. Ainsi, le prix des huiles végétales a bondi de 95,3%, du sucre de 83,3%, des viandes de 75% et du lait et dérivés de 23,5%, alors que les prix de la pomme de terre ont baissé de (-5,1%).
Pour rappel, le déficit de la balance commerciale globale du pays à fin février 2022 a enregistré une hausse de 38% avec (-2614,5 MD) en 2022 contre (-1894,3 MD) en 2021. Les exportations alimentaires ont représenté 12,4% des exportations totales alors que les importations alimentaires ont représenté 12,8% des importations totales.
Un déficit aux allures chroniques depuis 2009
Il ne sa passe pratiquement pas un mois sans que la balance commerciale alimentaire ne soit entachée d’un surcroît de déficit. Et pour la première fois depuis 2009 , elle avait affiché un excédent estimé à 151 millions de dinars en janvier 2015, contre un déficit de 157,7 millions de dinars durant la même période en 2014 .
Une telle performance dans la balance commerciale alimentaire était due à l’évolution des recettes des exportations de quelques produits agricoles notamment celles de l’huile d’olives et des dattes.
Il faut noter que pour les industries agro-alimentaires, une augmentation de 1% de la demande intérieure ferait croîtreles importations de 0.66% à court terme. Cependant, le prix relatif n’a pas d’effet sur le court terme et l’élasticité de long terme est de l’ordre de 1.63 impliquant ainsi la forte sensibilité des produits agro-alimentaires aux variations du prix relatif. Les importations de ce secteur sont, conformément aux attentes, plus réactives au prix et en dépendent plus étroitement à long terme qu’à court terme, disent les experts.
L’analyse de la structure des importations de ce secteur par produits laisse déduire que celles-ci demeurent largement dominées par les huiles végétales et le sucre et ultérieurement par les céréales. En effet, depuis 2002, ces produits accaparent, à eux seuls, plus de la moitié des importations de ce secteur, suivis des aliments pour animaux et des tabacs. Sans préjuger des effets attendus de la guerre russo-ukrainienne.








