Créée en 1977, la TFB (Tunisian Foreign Bank) est une banque de droit français affiliée à la Fédération Bancaire Française. Son capital est détenu par des institutions financières tunisiennes, dont 14 % pour l’Etat tunisien, 49,5 % pour la STB, et 34 % pour la BH Bank. Avec un capital social de 26,9 M€ en 2020, elle dispose de cinq agences en France et d’une succursale offshore à Tunis à travers lesquelles elle exerce ses activités domestiques et internationales.
A fin 2020, le PNB de la banque baissait de 22,1 % par rapport à l’année qui précède, pour à peine dépasser les 4 M€ (13,1 MDT. Déficitaire de presque 5,5 M€, le RBE donnait déjà le ton pour le résultat net qui était aussi déficitaire de 3,934 M€ (12,7 MDT).
- Remise en état de marche, le projet de synergies est en marche
Malgré ces chiffres négatifs de la seule banque française à capitaux tunisiens, dont l’exercice 2020 avait été marqué par la vente pour 2 M€ de deux biens immeubles de la banque, il semblait tout de même que son état général se serait amélioré et que, même si elle n’est pas encore sur pied, elle a été remise en état de marche. « En 2020, la collecte des ressources s’était accrue de 10 %, le coût du risque a baissé très fortement, la mise en place des PGE (prêts garantis par l’Etat), a permis d’éviter le scénario catastrophe de défaillance. Le déficit 2020 (-3,934 M€), est le plus réduit depuis 2012. Actuellement la crise ne semble pas menacer la continuité de l’activité de TFBank. Le projet de montée en capital d’un actionnaire majoritaire et de transformation par les synergies et par une collaboration plus étroite, est en cours de concrétisation », témoignent ainsi ses commissaires aux comptes français.

Cette banque est désormais proposée à la vente, partiellement en y laissant la STB, ou en totalité du capital, la BH Bank n’étant pas intéressée à rester dans le capital de la TFB (et non la BFT). Une 1ère opération avait été lancée il y a quelques années, mais l’Etat vendeur n’était pas content du prix, qui aurait été de 15 Millions d’euros. La STB avait ensuite été tentée d’y prendre la majorité du capital, sans y arriver, notamment pour l’importance des fonds à consacrer pour remettre la TFBank sur pied et assurer sa rentabilité de manière durable. Désormais, l’Etat tunisien ambitionnerait de la céder à un particulier tunisien, ou à un duo entre opérateur tunisien & partenaire stratégique étranger.
- Une rare opportunité de choix pour deux banques tunisiennes
L’opération de cession de cette précieuse carte bancaire étrangère en France, devrait bientôt démarrer en France, et le Due-Deal aussi. Deux entités bancaires privées tunisiennes, seraient intéressées. Les deux banques privées ambitionneraient ainsi d’étoffer leur présence à l’étranger et y développer leurs affaires. La TFBank, remise en état de marche, représente ainsi une opportunité, même indirecte pour la Tunisie, d’assurer la pérennité de sa présence financière en France, où la TFBank représente une affaire en or dans un paysage bancaire où les cartes deviennent plus que rares. Le Tunisien ou la Tunisienne qui reprendrait cette banque française à capitaux tunisiens, aura aussi la capacité d’accompagner le développement du commerce avec une plateforme régionale qui représente 80 % des exportations tunisiennes, et non moins grande partie des importations tunisiennes d’Europe. Cela, sans compter la clientèle de 800 mille Tunisiens installés en France, et les 30 000 Français en Tunisie, qui représentent une population durablement installée dans le pays, composée à 67% de binationaux. Des populations, pour lesquels la TFBank, qui dispose par ailleurs d’une filiale en Tunisie, peut représenter une passerelle financière de choix.








