AccueilLa UNELa Tunisie de Saied sous les fourches caudines de Washington

La Tunisie de Saied sous les fourches caudines de Washington

Le président de la République, Kais Saied, n’est  manifestement plus dans les bonnes grâces des Etats-Unis,  administration et Congrès confondus. En fait, l’a-t-il jamais été, surtout dès le 25 juillet, l’état d’exception et les successives vagues de mesures y associées ? Qu’il se soit agi de la Maison blanche, du département d’Etat ou du Congrès avec ses deux chambres, Saied ne semble pas  être en odeur de sainteté à proportion des ukases qu’il a pris l’habitude de prendre « décimant » les institutions et rouages en place par l’effet de la Constitution  et qui , à chaque occurrence, lui ont valu  des mercuriales,   de « profondes préoccupations », des admonestations, pour  prendre  comme c’est présentement le cas, la forme  d’actes qui ont tout pour être compris comme punitifs.

En effet, l’administration Biden a proposé de réduire de près de moitié l’aide militaire américaine à la Tunisie,  le  budget annuel  de Washington publié en début de semaine prévoyant  61 millions de dollars d’aide militaire et sécuritaire à la Tunisie l’année prochaine, contre 112 millions de dollars demandés cette année.

Le budget prévoit également une réduction de 40 millions de dollars de l’aide économique du département d’État à la Tunisie, soit une réduction de près de 50 % par rapport à la demande de cette année. Les réductions proposées interviennent alors que le gouvernement tunisien, à court d’argent, étudie la possibilité d’un renflouement auprès du FMI.

« Les États-Unis cherchent à poursuivre leur soutien au peuple tunisien et à encourager le retour du gouvernement à la gouvernance constitutionnelle », a déclaré un porte-parole du département d’État  au site Al-Monitor par courriel. « Les réductions de l’aide économique et sécuritaire américaine, par rapport aux demandes de l’année précédente, reflètent nos préoccupations importantes concernant la poursuite du recul démocratique », a-t-il expliqué, notant que le chef de l’Etat tunisien  est en en train de « mener la  démocratie tunisienne dans la mauvaise direction ».

La goutte qui aurait fait déborder le vase, est sans doute la dissolution de l’Assemblée des représentants du peuple, coupable, aux yeux de Saied, d’avoir osé, lors d’une séance plénière à distance,  annuler tous les décrets et ordonnances et décrets – lois promulgués depuis le 25 juillet 2021. Une décision jumelée au rejet des appels à l’organisation de nouvelles élections parlementaires dans les trois mois, bien que la Constitution de 2014  en prévoie la tenue dans la foulée d’une dissolution du Parlement.

Les actions du président tunisien sont susceptibles d’aigrir davantage l’humeur des  élus américains, ceux de la Chambre des représentants comme ceux du Sénat  qui, plus tôt cette semaine, ont exhorté l’administration Biden à revoir son aide sécuritaire à la Tunisie en fonction de la régression démocratique.

Pourtant, Washington a été l’un des plus grands soutiens étrangers de la Tunisie depuis la révolution de 2011, signant une feuille de route de 10 ans pour la coopération en matière de défense en 2020, alors que son rival stratégique, la Russie, faisait des percées avec les mercenaires de Wagner en Libye voisine.

Une perte sèche de 50 millions $ pour la Tunisie

Si elles sont adoptées, les réductions signifieraient que l’Etat tunisien perdrait quelque 40 millions de dollars d’aide pour acheter du matériel militaire américain, ainsi que plus de 10 millions de dollars de fonds pour soutenir le travail de police et de lutte contre les stupéfiants.

La proposition doit être approuvée par le Congrès, bien que l’administration conserve une certaine autorité pour passer outre la décision. Un responsable américain s’exprimant sous couvert d’anonymat a déclaré à Al-Monitor que l’administration était prête à travailler avec les  députés sur cette question.

Le projet de loi omnibus sur les dépenses de cette année, qui a été promulgué au début du mois, permet également à l’administration de disposer d’une certaine souplesse dans le versement de l’aide restante de cette année à la Tunisie, en fonction des améliorations apportées à la démocratie et aux droits de l’homme, a déclaré un assistant du Congrès à la même source.

Dans l’entretemps,  le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken doit soumettre un rapport au Congrès sur le statut de la démocratie en Tunisie d’ici la mi-juin.

Jalel Harchaoui, chercheur spécialisé dans la Libye et l’Afrique du Nord, a déclaré que les réductions d’aide proposées ne représentent guère plus qu’une tape sur les doigts.

« En termes d’impact réel infligé, il sera à peine remarqué par Saied », a déclaré Harchaoui à Al-Monitor.

Le comportement du président tunisien, a-t-il ajouté, « ne sera probablement pas modifié par ces nouvelles  mesures. Entre-temps, des efforts et des projets très valables en pâtiront malheureusement. »

Le porte-parole du département d’État a déclaré que l’administration avait l’intention de consacrer une grande partie des fonds restants au soutien de la « société civile tunisienne, à la promotion de la responsabilité du gouvernement, à la réduction des obstacles économiques à la croissance et à l’amélioration de l’accès à l’enseignement supérieur ».

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1 COMMENTAIRE

  1. grâce aux lobbyistes américains financés par les islamistes et compagnies en vue influencer les décisions du congrès et de l’administration américaine pour réduire leur aide pour la Tunisie afin d’obliger le président de la république de changer sa politique intérieure mais malheureusement le pays et son peuple qui vont souffrir de la réduction des aides américaines et c’est vraiment dommage que ces gens complotent contre leur pays et leurs citoyens uniquement pour rester au pouvoir .

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