Après d’intenses négociations entre ses 164 membres, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) est parvenue à un accord, vendredi 17 juin, qui concerne notamment une levée pour 5 ans des brevets sur les vaccins anti-Covid pour les pays en développement.
« Au sein de l’Organisation mondiale du commerce, les décisions sont prises par consensus. Cela signifie qu’un pays peut, à lui seul, faire échouer un accord. Donc, nous avons réfléchi à quelles seraient les propositions minimum que l’on pourrait accepter afin d’avancer, même si cela signifie qu’il y a des points qu’il faudra retravailler ensuite », déclare le ministre du Commerce sud-africain Ebrahim Patel au micro de notre correspondante à Johannesbourg, Claire Bargelès.
Le dossier avait été déposé en octobre 2020 par l’Afrique du Sud et l’Inde, mais le texte final est plus timide que la proposition initiale. Une déception pour plusieurs associations, comme Médecins sans Frontières, qui espérait notamment une levée plus longue et l’inclusion des traitements et des tests de dépistage. Mais Ebrahim Patel maintient qu’il s’agit d’une grande avancée.
« Cet accord a pour but de permettre à des usines locales de produire des vaccins ou les ingrédients nécessaires à leur fabrication, sans l’accord des détenteurs des brevets, et d’ensuite pouvoir exporter ces vaccins, jusqu’à 100% d’entre eux, vers d’autres pays en développement. »
Depuis le début de la pandémie, l’Afrique du Sud et l’Inde ont dénoncé à maintes reprises les inégalités en matière d’accès aux précieuses doses, dans ce qui a été baptisé un « apartheid vaccinal ». Selon l’OMS, 60% de la population mondiale a reçu deux doses, mais la situation reste encore inéquitable avec seulement 17% de vaccinés en Libye, 8% au Nigeria ou encore, moins de 5% au Cameroun.
L’accord, qui permet aux fabricants locaux de produire des vaccins ou des composants sans autorisation des détenteurs des brevets, est limité à cinq ans et exclut pour l’instant les tests et coûteux traitements thérapeutiques contre le Covid-19. Tout en se félicitant de ce « pas en avant », le gouvernement sud-africain a par ailleurs déclaré dans un communiqué que « d’autres partenariats seront nécessaires, notamment en ce qui concerne l’accès au savoir-faire et aux technologies ».








