En ce début du mois de juillet, il n’est question dans les chaumières que de la campagne céréalière, exceptionnelle, cette année en Tunisie, avec 8,4 millions de quintaux déjà collectés. Les opérations de moisson ont atteint un taux d’avancement d’environ 60 %, le gouvernorat de Béja étant en tête des zones de collecte, suivi par Le Kef, Bizerte et Siliana.
Les estimations officielles du ministère de l’Agriculture en Tunisie indiquent que la récolte céréalière de la saison 2026 dépassera les 20 millions de quintaux, enregistrant une hausse d’environ 15 % à 20 % par rapport à la récolte de l’année précédente.
70 % des céréales estimées pour cette saison sont de très bonne qualité, assure ONAGRI, citant les estimations officielles du ministère de l’Agriculture. La superficie céréalière dans le nord du pays est évaluée à environ 834 mille hectares, contre près de 157 mille hectares dans le centre. Le ministère a réparti les niveaux de qualité comme suit : 70 % des céréales sont jugées de très bonne qualité, 25 % de qualité moyenne et 5 % en dessous de la moyenne, dans une année considérée comme favorable en raison des précipitations réparties sur l’ensemble des régions du pays.
D’après les données du ministère de l’Agriculture, les quantités de semences certifiées distribuées dans les zones de production ont atteint environ 524 mille quintaux, soit 30 % des besoins en semences. Il s’agit d’un objectif stratégique important atteint pour la première fois, contre environ 265 mille quintaux certifiés lors de la saison précédente. Le recours aux semences certifiées de nouvelles variétés mises au point a également progressé, à l’instar des variétés « INRAT 100 », « Qods » et « Mactaris ».
L’indice FAO des prix des céréales progresse
Il importe de noter que l’indice FAO des prix des céréales a progressé de 2,6 % par rapport à avril et affiche une hausse de près de 5 % sur un an, reflétant la flambée des prix de toutes les principales céréales, dans un contexte de coûts mondiaux plus élevés des carburants et des engrais, et de pressions liées aux conditions météorologiques. Les prix mondiaux du blé ont augmenté de 3,4 % sur le mois – et de 7,8 % par rapport à l’année précédente – soutenus par des récoltes attendues plus faibles chez les principaux exportateurs, notamment aux États-Unis, où les conditions de culture du blé d’hiver sont parmi les plus défavorables depuis des décennies.
Aux États-Unis, les prix du blé dur d’hiver rouge en mai 2026 étaient supérieurs de 28 % à ceux de mai 2025. Les prix du maïs ont progressé de 1,9 % – soit 3,9 % en rythme annuel – sous l’effet d’une demande d’importations plus forte sur les principaux marchés, d’une disponibilité plus restreinte au Brésil et aux États-Unis et de la fermeté des prix de l’énergie, qui a stimulé la demande liée à l’éthanol. L’indice FAO des prix du riz a augmenté de 2,7 % par rapport au mois précédent, les inquiétudes liées aux conditions météorologiques et la hausse des prix du pétrole brut et des produits dérivés ayant soutenu les cours dans certains grands pays exportateurs asiatiques.
Quant à l’ indice de référence des prix mondiaux des produits alimentaires est resté globalement stable en mai, la baisse des cours des huiles végétales ayant compensé la hausse de ceux des céréales et du sucre, selon les nouvelles données publiées vendredi par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
L’ indice FAO des prix alimentaires , qui suit l’évolution mensuelle des prix internationaux d’un panier de produits alimentaires commercialisés à l’échelle mondiale, s’établissait en moyenne à 130,8 points en mai 2026, en baisse de 0,2 % par rapport à son niveau révisé d’avril et en hausse de 2,9 % par rapport à l’année précédente.
« Si les marchés mondiaux des produits alimentaires ont globalement fait preuve de résilience, la hausse des prix des céréales souligne la vulnérabilité aux risques climatiques et aux perturbations des marchés de l’énergie et des intrants. L’incertitude persistante qui affecte les principales voies commerciales, notamment le détroit d’Ormuz, pourrait réduire l’utilisation d’engrais et exercer une pression supplémentaire sur les prix alimentaires, soulignant la nécessité d’une action internationale coordonnée », a déclaré le directeur de la division Marchés et Commerce de la FAO.








