Les stations- service sont de plus en plus, et massivement, pris d’assaut par les automobilistes, sous l’effet de la crainte qui enfle d’une pénurie des carburants. Il est vrai que la situation énergétique de la Tunisie est critique et dicte plus que jamais la recherche de solutions rapides et pratiques pour éviter une nouvelle aggravation de la crise, surtout avec la conjoncture économique internationale et les changements qui se succèdent dans le monde en lien avec les retombées de la guerre russo-ukrainienne.
Des sources bien informées ont détaillé à African Manager, les raisons les plus importantes de la rupture d’approvisionnement et des fournitures en produits pétroliers. Elles tiennent principalement au manque de fonds nécessaires pour le paiement des cargaisons envoyées par des fournisseurs, les quels sont devenus exigeants et dictent leur condition d’être payés rubis sur l’ongle à chaque livraison.
Dans une précédente déclaration à African Manager, le directeur général des hydrocarbures au ministère de l’Industrie, Rachid Ben Dali, avait indiqué s’attendre à ce que le pays connaisse des turbulences dans l’approvisionnement en produits pétroliers dans les mois à venir, surtout après avoir été contraint de puiser dans ses réserves stratégiques, en plus des difficultés que connaît la Société Tunisienne des Industries de Raffinage «STIR» à Bizerte.
Il est à noter que la Tunisie est censée disposer d’un stock stratégique couvrant une période d’au moins deux mois pour les produits pétroliers « gasoil et essence» et 30 jours pour le reste des produits, ce qui n’est pas le cas de la situation qui est actuellement celle du pays .
Il ne s’agirait pas d’une crise, mais….
Le secrétaire général de la Fédération générale du pétrole et des produits chimiques affiliée à l’UGTT Salwane Smiri, a confirmé l’existence d’une pénurie de carburant dans certaines stations, affirmant que cela ne peut être considéré comme une crise, selon ses dires.
Il , également, affirmé, dans une déclaration à une radio privée, que cette pénurie était enregistrée, notamment pour le gasoil sans soufre, notant dans ce contexte qu’il y a un navire dans le port de Bizerte qui attend depuis quelques jours pour décharger sa cargaison.
La même source a ajouté que des solutions radicales sont en train d’être discutées au niveau du chef de gouvernement, rassurant que l’Etat a signé des contrats avec des fournisseurs, mais le problème demeure avec certains d’entre eux qui insistent pour être payés avant la livraison in situ de nouvelles charges.
Une combinaison de 3 facteurs
Smiri a attribué la pénurie d’approvisionnement en carburant à trois facteurs, à savoir le prix élevé du baril de pétrole, la forte consommation pendant la saison en cours et le manque de ressources financières de l’État.
Dans un contexte annexe, il a souligné qu’il est nécessaire que le gouvernement trouve des solutions avec la Banque centrale pour financer les produits de première nécessité, suggérant aux banques de financer les besoins de la Tunisie en carburant avec les garanties qu’elles souhaitent.
Il est à observer que le déficit énergétique en Tunisie a culminé ces dernières années au motif que la consommation dépasse la production, alors qu’ il n’y a pas de nouvelles découvertes capables de couvrir ce déficit.
Avec l’entrée en exploitation des champs de Nawara et Halk el-Menzil, la production a connu une augmentation relative depuis 2020. Cependant, en l’absence de découvertes et l’épuisement des champs pétroliers actuellement en production (entre 5 et 10% par an), en plus de l’augmentation continue de la demande, le déficit s’est notablement aggravé.
Le déficit énergétique approche actuellement les 53 %, ce qui signifie que 53 % de la quantité d’énergie actuellement consommée, qu’elle soit issue du gaz ou des produits pétroliers, est importée, selon les dires du directeur général des hydrocarbures.
Le taux de l’évolution du déficit annuel est de 10 %, et dans le cas où la demande se maintiendrait au même rythme en lien avec l’absence de nouvelles découvertes, le taux du déficit énergétique atteindrait 80 % d’ici 2030.
Il convient de mentionner que la production nationale de produits pétroliers en Tunisie est estimée actuellement à environ 35 mille barils/ jour, et la consommation de produits pétroliers est d’environ 90 mille barils/ jour. En revanche, la production de la Société tunisienne des industries de raffinage est de 32 mille barils/ jour.









Et les 10 000 nouvelles voitures toutes les 5 semaines ? On y a pensé avant ou pas ?