AccueilLa UNEBCT: Tout plaide pour un autre relèvement du taux directeur!

BCT: Tout plaide pour un autre relèvement du taux directeur!

La Réserve fédérale (la Banque centrale des États-Unis) a décidé d’augmenter le taux d’intérêt, mercredi 21 septembre 2022, de 0,75 %, pour la cinquième fois consécutive depuis le début de cette année, et cette augmentation préfigure une tendance mondiale à relever les taux d’intérêt en raison des niveaux élevés de l’inflation  quasiment partout dans le monde.

Dans ce contexte, le professeur d’économie et ancien membre du conseil d’administration de la Banque centrale, Fathi Nouri, dit  s’attendre à ce que la BCT relève  son taux directeur.

Nouri a expliqué que les instituts d’émission  prendront ce cap dans la mesure où c’est la seule solution pour préserver les économies locales, étant donné que l’inflation que connaît le monde n’est pas circonstancielle, mais plutôt une « inflation continue » avec le temps.

Solutions proactives et préventives

Le professeur d’économie  s’est demandé  ce  que ferait la Banque centrale de Tunisie  au cas où le taux d’inflation  atteindrait 10 % à la fin de cette année, notant que la hausse des taux d’intérêt reste l’une des solutions proactives et préventives actuellement possibles.

La BCT avait pris la décision de relever le taux directeur  de 75 points de base en mai 2022 pour atteindre 7 %, dans le but de contenir le déficit et de maintenir les réserves de change, et a également appelé le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour relancer l’économie.

Fathi Nouri a estimé que le maintien du taux directeur à 7 % ne permettra pas à l’économie tunisienne de résister à l’avenir, si le niveau d’inflation en Tunisie poursuit sa tendance haussière, ayant atteint  déjà 8,6 % au cours du mois d’août écoulé, contre 8,2 % au mois de juillet, lorsque les prix ont enregistré une hausse qui ne s’est pas limitée aux produits alimentaires, mais s’est également étendue aux services.

Des accents thatchériens !

L’expert  a souligné dans le même contexte que le monde vit aujourd’hui de l’impact de la devise  faite sienne  par l’ex Première ministre britannique de 1979 à 1990, « Margaret Thatcher », qui disait : « Aujourd’hui, nous n’avons pas d’autres alternatives que d’augmenter les prix. « 

Nouri a expliqué que les niveaux élevés d’inflation dans le monde sont principalement dus à la hausse de la demande mondiale après la sortie de la crise du Covid-19, en plus de la perturbation des chaînes d’approvisionnement et de l’augmentation sans précédent des prix du pétrole suite à la guerre russo-ukrainienne.

Les taux d’intérêt sont initialement  fixés  sur la base des prêts que les banques obtiennent de la Banque centrale, et en conséquence, elles établissent leurs plans dans un nouveau mécanisme de calcul des taux d’intérêt par rapport aux crédits qu’elles accordent aux clients.

De plus, les résultats de la modification du taux d’intérêt n’apparaissent pas immédiatement, mais nécessitent environ un an, car les banques augmentent la valeur des intérêts résultant des emprunts, que ce soit pour les particuliers ou pour les entreprises, réduisant ainsi les investissements et les dépenses de consommation des particuliers.

Récession économique en 2023 !

Une nouvelle étude approfondie de la Banque mondiale a révélé qu’une baisse de l’inflation mondiale aux niveaux cibles pourrait obliger les banques centrales à augmenter les taux d’intérêt de deux points de pourcentage supplémentaires et à poursuivre leurs efforts pour contenir l’inflation sans provoquer de récession économique mondiale.

L’étude  a conclu que le monde pourrait se diriger vers une récession économique en 2023 et qu’une série de crises financières dans les économies émergentes et en développement  causera des dommages permanents, avec l’augmentation simultanée des taux d’intérêt par les banques centrales.

L’étude souligne que les banques centrales du monde entier ont relevé les taux d’intérêt en 2022 avec un degré de synchronisation non enregistré au cours des cinq dernières décennies, dans le cadre d’une tendance qui devrait se poursuivre en 2023.

Elle a estimé que la trajectoire attendue, actuellement, pour augmenter les taux d’intérêt et d’autres mesures politiques pourrait ne pas être suffisante pour ramener les taux d’inflation mondiaux aux niveaux qui prévalaient avant le déclenchement de la pandémie du Covid-19.

Améliorer la productivité et générer des investissements

Commentant l’étude, le président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass, a déclaré  que : « pour atteindre des taux d’inflation bas, des monnaies stables et accélérer la croissance, les décideurs politiques devraient passer de la réduction de la consommation à l’augmentation de la production ».

« Les politiques doivent chercher à générer des investissements supplémentaires, à améliorer la productivité et à allouer des capitaux, qui sont essentiels pour réaliser atteindre la croissance et réduire la pauvreté », a-t-il ajouté.

L’étude s’appuie sur les enseignements tirés des épisodes précédents de récession mondiale pour analyser l’évolution de l’activité économique ces derniers temps et présente un ensemble de scénarios possibles pour les années 2022-2024.

Le vice-président par intérim de la Banque mondiale pour la croissance équitable, les finances et les institutions, Ayhan Kose, a déclaré que le récent resserrement des politiques monétaire et budgétaire serait bénéfique pour freiner l’inflation.

« Cependant, le durcissement simultané de ces politiques dans différents pays peut s’aggraver mutuellement en contraignant les conditions financières et en ralentissant davantage la croissance mondiale », a-t-il ajouté.

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