C’est un plan a minima qu’a acté le Fonds monétaire international (FMI) pour l’Egypte. Vendredi 16 décembre, le conseil d’administration de l’institution financière a donné son feu vert à un prêt de 3 milliards de dollars (2,83 milliards d’euros) sur quarante-six mois, qui devrait donner au pays une bouffée d’oxygène pour affronter la crise économique dans laquelle l’a plongé la guerre en Ukraine depuis le 24 février et pour tenter de restaurer la confiance des investisseurs étrangers qui se sont détournés de ce marché émergent de 104 millions d’habitants.
Une tranche de 347 millions de dollars sera immédiatement décaissée. Ce prêt, et les financements additionnels attendus des organisations multilatérales, seront toutefois insuffisants pour sortir le pays, l’un des plus endettés du Moyen-Orient, d’une crise bien plus structurelle. Il s’agit d’ailleurs du troisième que Le Caire contracte depuis 2016, année où le pays a plongé dans une crise sans précédent consécutive aux bouleversements des « printemps arabes ».
Le FMI estime que le déficit de financement extérieur de l’Égypte sera de 16 milliards de dollars pendant la durée du programme, a déclaré le ministre des finances, Mohamed Maait, en novembre. « L’Egypte est dans une situation difficile, souligne Timothy Kaldas, chercheur au Tahrir Institute for Middle East Policy. Il va falloir qu’elle considère sérieusement de mettre en œuvre des réformes structurelles plus conséquentes afin d’avoir des chances d’obtenir le type de financement dont elle a besoin. Dans l’intervalle, la qualité de vie des Egyptiens va continuer à se détériorer, ce qui est inquiétant. »








