La France, l’Allemagne, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et d’autres pays ont commencé dimanche à évacuer leurs ressortissants ou leur personnel diplomatique du Soudan, où les combats meurtriers entre armée et paramilitaires font rage depuis plus d’une semaine.
Selon des images vidéo recueillies par l’AFP, des convois de dizaines de véhicules blancs de l’ONU sortaient dimanche de Khartoum, tout comme de nombreux cars, et se dirigeaient vers Port-Soudan, dans l’est du pays. Il n’était pas possible dans l’immédiat de savoir qui se trouvait à bord.
Des tirs et des explosions ont encore secoué dimanche la capitale et ses banlieues, survolées par des avions de combat, selon des témoins.
Les violences, principalement à Khartoum et au Darfour, dans l’ouest, ont fait selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) plus de 420 morts et 3.700 blessés.
Elles ont déplacé des dizaines de milliers de personnes vers d’autres Etats du Soudan, ou vers le Tchad et l’Egypte, tandis que plusieurs pays se mobilisent pour évacuer leurs ressortissants.
A Khartoum, les cinq millions d’habitants craignent un regain de violence après le départ des étrangers, dans leur ville privée d’eau courante et d’électricité, avec des réseaux téléphonique et internet souvent défaillants.
Les raids aériens de l’armée et les tirs de canon des paramilitaires ont déjà détruit ou obligé à fermer « 72% des hôpitaux » dans les zones de combat, selon le syndicat des médecins.
Dans les rues, des lampadaires gisent au sol, des magasins incendiés fument encore. Ici, une banque a été éventrée. Là, malgré tout, un mécanicien tente de garder son échoppe ouverte au cas où un des très rares passants aurait besoin de ses services.
Le conflit a éclaté le 15 avril entre l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane , dirigeant de facto du Soudan, et son adjoint devenu rival, le général Mohamed Hamdane Daglo , qui commande les très redoutés paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).
Les deux généraux avaient pris le pouvoir lors du coup d’Etat de 2021, mettant un coup d’arrêt au processus vers une transition démocratique qui a suivi la chute du dictateur Omar el-Béchir, en 2019.
Mais ils ont été incapables de s’accorder sur l’intégration des FSR aux troupes régulières, après des mois de négociations politiques sous égide internationale.
Alors que les deux camps se livrent aussi à une guerre de l’information, il est impossible de savoir qui contrôle les aéroports du pays et dans quel état ils se trouvent après avoir été le théâtre de violents combats.








