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 Libéralisation de l’importation des produits de base : Les pénuries vont-elles être enrayées ?

Sous divers éclairages, analystes, médias et opérateurs économiques ont été attentifs aux mesures décidées dans le cadre du budget économique de l’Etat et du Projet de Loi de Finances pour 2024, en faveur de l’ouverture de l’importation des produits de consommation de base à la concurrence,  nommée généralement « libéralisation ».
Il s’agit notamment de l’importation du café, thé, sucre,  riz, et des céréales dont l’Etat détient jusqu’à présent le monopole à travers l’Office du commerce tunisien et l’Office des céréales.
Les choses sont encore au stade du projet en attendant l’examen et l’adoption du budget et de la loi de finances signalés par l’ARP de sorte que rien n’est encore définitif. L’aval du président de la république est aussi capital.
Le PLF pour 2024 mentionne expressément, pour la première fois, selon certains,  qu’un des objectifs des dispositions stipulées est d’assurer l’approvisionnement du marché, mais il a insisté au préalable que le premier objectif est la consolidation du rôle social de l’Etat.
Cette libéralisation va-t-elle juguler les pénuries récurrentes enregistrées depuis fin 2022 dans les produits de consommation de base, émaillées de surcroît, de temps à autres,  de perturbations dans l’approvisionnement en pain et en carburants, au milieu d’une flambée continuelle des prix et d’une  détérioration drastique du pouvoir d’achat des citoyens ?
Via des radios locales, Mohsen Hassen, analyste connu et ancien ministre du Commerce, s’est déclaré favorable à la démarche, excluant une dérive des prix suite à cette libéralisation des importations des produits de base, car l’Administration  va continuer d’encadrer les prix de ces produits, selon lui. L’Office du commerce sera aussi habilité à suspendre la TVA à l’importation de ces produits le cas échéant, pour comprimer leurs prix.
Des médias, assez spécialisés, ont évoqué l’endettement colossal sous lequel croulent les deux Offices signalés et qui a réduit énormément leur marge de manœuvre et leur rôle de fournisseurs réguliers du marché, au même titre que la Pharmacie centrale de Tunisie en matière de fourniture des médicaments qui a échoué à accomplir convenablement sa mission, pour la même raison.
Aussi, la libéralisation des importations a-t-elle été souvent invoquée en tant que panacée pour remédier à ces perturbations socialement très coûteuses, car psychologiquement éreintantes pour les citoyens.
 16 milliards et demi
Cependant, des analystes ont signalé le problème de la disponibilité des devises étrangères, notamment le dollar et l’euro pour financer les opérations d’importation.
En effet, la démarche est placée par les autorités, non pas dans le cadre de la consolidation de la  concurrence saine et transparente pour réguler le marché, mais « dans le cadre de la mise en place d’un système de compensation équitable », ce qui veut dire que l’objectif est d’alléger l’enveloppe budgétaire consacrée aux subventions et à la compensation dont plus de la moitié est allouée aux hydrocarbures, soit dit en passant. La part des produits de consommation de base a été réduite.
Aussi, la question est de savoir comment les importateurs et les sociétés du commerce international vont pouvoir se pourvoir en devises, au vu des besoins croissants de l’Etat en la matière en vue de rembourser ses dettes extérieures. Or, les réserves en devises, comme tout le monde le sait, sont comptabilisées en fonction des jours d’importations qu’elles couvrent.
D’après les données communiquées dernièrement par diverses structures publiques dont la BCT, les indicateurs macroéconomiques se sont améliorés, toutefois, en 2024, d’après le projet du budget de l’Etat, quoique les dépenses sociales (subventions) doivent sensiblement baisser, le recours à l’emprunt à l’étranger pour financer le budget reste substantiel, soit environ 16 milliards et demi de dinars, dont près de 13 milliards sont déjà nominalement collectés tandis que 3200 millions dinars ( 3,2 milliards) restent à dénicher.
Les recettes touristiques et les transferts des Tunisiens résidents à l’étranger ont été utilisés en 2023 pour rembourser des tranches de dettes extérieures.
S.B.H

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