La Commission européenne cherche des moyens de tirer parti du flux de céréales et d’engrais ukrainiens vers l’Afrique du Nord pour obtenir de meilleures conditions dans le cadre d’un accord potentiel sur l’immigration avec l’Égypte, ont révélé des sources confidentielles au Financial Times. Cette démarche stratégique pourrait renforcer la position de Bruxelles dans le contexte de la guerre menée par Israël contre le Hamas à Gaza, estime, pour sa part, The European Conservative.
L’année dernière, les échanges diplomatiques entre les capitales européennes et la région se sont multipliés afin d’endiguer les flux migratoires illégaux. Les fonctionnaires de l’UE négocient actuellement avec Le Caire un accord de soutien similaire à celui récemment conclu avec le gouvernement tunisien. L’objectif est d’aider au contrôle des frontières et au rapatriement, en échange d’une aide monétaire et d’investissements.
Selon les initiés du FT, l’UE étudie actuellement les moyens d’acheminer les céréales ukrainiennes et l’expertise agricole pour atténuer l’insécurité alimentaire endémique de l’Égypte. Le président du Conseil de l’UE, Charles Michel, et le chancelier allemand, Olaf Scholz, ont tous deux mentionné que tout accord serait conclu en échange de l’aide du Caire à renvoyer les migrants illégaux.
Lors du sommet du Conseil de l’UE de la semaine dernière, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, s’est prononcée en faveur d’un accord potentiel avec le Caire. L’Égypte est devenue une source croissante d’immigration clandestine.
Les dirigeants de l’UE semblent également vouloir déclarer que, dans le cadre d’un futur accord, l’Égypte ne serait pas obligée d’accueillir des réfugiés de Gaza. Le pays de 110 millions d’habitants est dirigé par le général Al-Sisi depuis 2013 et a récemment été critiqué dans le monde musulmanpour avoir gardé sa frontière avec la Palestine fermée, empêchant ainsi les civils de fuir la bande de Gaza.
En utilisant les céréales ukrainiennes pour son avantage diplomatique en Égypte, l’UE ferait d’une pierre deux coups. L’offre excédentaire provoquée par la suppression des droits de douane au début de la guerre a entraîné un effondrement des prix et a influencé les récentes élections polonaises.
La fin de l’accord sur les céréales de la mer Noire en juillet, empêchant le flux de denrées alimentaires ukrainiennes par la Russie, a fait craindre une flambée des prix des denrées alimentaires au niveau mondial. Cela a coïncidé avec l’effondrement de l’influence de l’Europe sur l’Afrique, qui dépend fortement des importations de denrées alimentaires ukrainiennes.
L’UE a déjà conclu des accords avec les gouvernements de Libye, de Tunisie et du Maroc. On sait que les eurocrates accélèrent leurs projets avec l’Égypte, de peur que la crise de Gaza ne se répande et ne complique les relations entre l’Europe et le monde arabe.
Malgré l’optimisme qui entoure un accord potentiel, les partenaires nord-africains n’ont pas l’habitude de respecter leur part du marché. La Tunisie a récemment renoncé à sa part d’un accord similaire sur le retour des migrants.
L’UE échange des céréales ukrainiennes contre le contrôle des frontières en Egypte
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