Le député Abdelhalim Boussema a appelé à la nécessité de faire vite pour pourvoir à la vacance des postes à la tête du ministère de l’Energie, de la Compagnie des phosphates de Gafsa et du Groupe chimique tunisien. Il ne serait pas sans conséquence de rappeler à cet égard que, le 4 mai 2023, le président de la République Kais Saied avait pris un décret mettant fin aux fonctions de Neila Nouira Gongi, ministre de l’Industrie, des mines et de l’énergie.
Dans un post publié sur sa page Facebook , jeudi 21 décembre 2023, Boussema a souligné que le secteur du phosphate représente une locomotive de l’économie nationale et l’un des moteurs les plus importants de la croissance et de la mobilisation des ressources de l’Etat en devises fortes, et qu’il n’est pas possible de parler d’un plan urgent de relance de l’économie nationale sans démarrer un processus de réforme structurelle de ce secteur stratégique, la gouvernance de ses institutions, et la modernisation de ses mécanismes de production et de commercialisation pour restaurer la position de la Tunisie sur les marchés mondiaux, d’une part, et accroître le rôle des revenus du phosphate dans le financement, d’autre part.
C’est que la production de phosphate du pays a diminué d’environ 60 % au cours de la dernière décennie, et cette baisse a, pour ainsi dire, atteint son apogée en 2021 avec une chute d’environ 88 %. De ce fait, la Tunisie, pays producteur de phosphate, et qui se classait au cinquième rang mondial, a eu paradoxalement recours à l’importation de quantités de ce minerai pour satisfaire ses besoins en 2020 à partir d’un pays frère.
Abdelhalim Boussema a indiqué que tous les gouvernements successifs n’ont pas été en mesure de rétablir le modèle de production à ses niveaux de 2010, estimés à 8,3 millions de tonnes, sachant que les revenus du phosphate et de ses dérivés ont contribué à environ 10% du budget de l’État pour les années 2009 et 2010.
3 millions de tonnes en 2023
Cette année, les estimations établies par le gouvernement pour atteindre la production de 6,5 millions de tonnes et réaliser des revenus d’environ 6 milliards de dinars n’ont pas non plus été respectées, car la production totale de phosphate pour l’année 2023 ne devrait pas dépasser trois millions de tonnes, ayant enregistré au cours des quatre premiers mois une baisse de 11%, selon l’Institut national de la statistique.
Le parlementaire estime qu’à la lumière de cette situation catastrophique et face à l’augmentation de la demande mondiale de phosphate et à ses prix élevés dus à la rareté de cette ressource naturelle stratégique, il est nécessaire de travailler à l’élaboration d’un plan national pour restructurer ce secteur et atteindre l’objectif fixé dans le plan de développement 2025 d’atteindre 12 millions de tonnes par an et de développer les revenus du pays provenant des exportations de phosphate comme l’un des mécanismes les plus importants pour financer les besoins budgétaires et réduire les emprunts internes et externes.
Il a souligné que ces objectifs ne peuvent être atteints que si on mettait de l’ordre dans les affaires de l’Etat en commençant par pourvoir à la vacance persistante à la tête du ministère de l’Energie et des Mines depuis mai dernier, à la tête de la Compagnie des phosphates de Gafsa et du Groupe chimique tunisien depuis fin septembre 2023.
Il a également appelé à la nécessité de lancer des dispositifs de développement dans les délégations dans la région de Gafsa, de répondre à ses demandes et de reprendre le dialogue entre les différents acteurs du secteur de l’énergie, les mines et les composantes de la société civile.
Boussema a, en outre, affirmé que le maintien du modèle de production est le début du véritable sauvetage de la situation économique du pays, appelant à consacrer un modèle de développement équitable sans oublier la mise en place d’un programme d’investissement urgent pour le transport du phosphate, qui est devenu un problème logistique structurel majeur pour la valorisation du phosphate.








