AccueilLa UNEL'opinion entend mal le discours économique officiel

L’opinion entend mal le discours économique officiel

Sans avoir la dimension du hiatus de la période précédente, un certain décalage persiste encore entre le nouveau pouvoir et l’opinion, minimisant l’écho du discours économique officiel plus particulièrement.

Préoccupée davantage par l’amélioration des conditions de vie, l’opinion tunisienne ou du moins une bonne partie de cette opinion, entend mal le cadre dans lequel les autorités issues du processus du 25 juillet 2021 placent leur programme d’action, présenté comme « une œuvre de reconstruction et d’émancipation après une décennie noire de destruction et de corruption ».

Commentant  dernièrement la réussite du gouvernement à rembourser les dettes extérieures et intérieures de l’Etat au titre de 2023 grâce à des revenus propres et son intention d’user de même en 2024, un citoyen a dit craindre que le coût en sera l’augmentation du prix de la viande de mouton à 80 dinars le kg.

En revanche, les citoyens ont accueilli avec satisfaction la décision de renouer avec les prêts accordés par les Caisses sociales (CNRPS et CNSS) pour l’acquisition de voitures et de nouveaux logements, parallèlement aux augmentations des forfaits remboursables par la CNAM.

Aussi, certains préfèrent qualifier le décalage signalé d’incompréhension faute de communication réelle.

Comme l’ont noté certains experts, le gouvernement a le choix entre la démarche appliquée pour sauvegarder la crédibilité du pays ou bien le recours au Club de Paris pour solliciter un rééchelonnement de sa dette extérieure et la perte de sa crédibilité, au cas où il continuerait à « gaspiller » les revenus en devises dans l’importation régulière de tout ce qui viendrait à manquer sur le marché.

Les responsables ont souvent évité de signaler la part des difficultés en avoirs de devises dans les pénuries récurrentes auxquelles les Tunisiens continuent de faire face, avec sobriété faut-il le dire.

Des améliorations ont été enregistrées ces derniers jours, mais le sucre, par exemple, manque toujours, autant que la farine subventionnée. Le lait, produit localement, a réapparu après une éclipse de plus d’un mois,  pour cause de basse lactation.

A vrai dire, hormis le président de la République qui défend la thèse que l’on sait concernant les pénuries et les difficultés économiques, les autres responsables ont tendance à occulter le sujet.

Égoïsme corporatif

Or, avec souvent des preuves à l’appui, le chef de l’Etat n’a pas cessé d’attribuer à la corruption et à la malversation ayant marqué « la décennie noire » précédente, autant la faillite du système national de production qui a rendu la Tunisie tributaire des importations que  les dérèglements de distribution et d’approvisionnement du marché.

Outre les révélations du président de la république à la lumière des documents en sa possession, les nombreux détournements et saisies effectués à longueur de journée de produits alimentaires et autres denrées de consommation de base, par les forces de l’ordre,   ne laissent aucun doute sur l’action néfaste des fraudeurs et spéculateurs de tout bord dans la conduite du pays à la situation difficile qu’il vit actuellement.  

Dans ce contexte, beaucoup ont été attentifs au prêt de 70 millions d’euros  sollicité de l’Italie pour la mise à niveau de l’Aciérie El Fouledh de Menzel Bourguiba, noyau de l’industrie lourde tunisienne, qui a été une des nombreuses victimes des malversations de la période précédente, révélées à l’issue de la visite effectuée dernièrement à ce complexe industriel par le chef de l’Etat.

La réhabilitation du système national de production au niveau de ses deux volets public et privé est présentée par tous les analystes économiques tunisiens comme le seul ticket de retrouvailles avec les taux de croissance économique élevés enregistrés avant 2010.

Cependant, un analyste a déploré, dernièrement, sur un plateau télévisé, l’égoïsme corporatif primaire qui prédomine encore chez les organisations nationales et professionnelles.

La hausse des prix, a-t-il noté avec raison, n’est pas toujours frauduleuse, mais elle est très souvent effectuée intentionnellement par les opérateurs économiques et les professionnels sans raison économique, à la recherche de profits.

Du jour au lendemain, les prix montent, alors que de nombreuses activités ne sont pas administrativement encadrées, échappant à tout contrôle au niveau des prestations et des prix.

Dans une intervention, mercredi dernier 24 janvier, la ministre des Finances, Sihem Nemsia, a dédié l’année 2024 à l’intégration de l’informel en Tunisie au système formel régulier.

Les choses semblent enfin bouger en Tunisie. Attendons la suite !

S.B.H

- Publicité-

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

108,654FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
5,135SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -