Quatre Tunisiens sur 10, soit 37% disent être au fait des changements climatiques, selon les résultats de la dernière enquête du réseau panafricain de recherche par sondage Afrobarometer présentés à Tunis.
Intitulée perceptions des Tunisiens sur les changements climatiques, l’enquête a montré que 80% des personnes informées sur les changements climatiques considèrent les individus, entreprises et gouvernements des autres pays comme principaux responsables de cette situation et 61% trouvent que les pays riches doivent trouver des solutions pour la réduction des effets du changement climatique.
Elle a montré que la majorité des Tunisiens constatent une intensification des sécheresses (77%) et des échecs des récoltes (54%) Il en ressort aussi que 85% des Tunisiens sont d’accord que leur gouvernement doit faire pression sur les pays riches afin d’aider les victimes des changements climatiques.
Selon la même source, les Tunisiens encouragent le gouvernement à investir dans les énergies renouvelables et à améliorer les infrastructures pour qu’elles résistent plus aux effets des changements climatiques.
D’ailleurs, 75% des répondants veulent que le gouvernement prenne des mesures urgentes pour limiter ces effets qui affectent leur vie quotidienne.
S’exprimant à cette occasion, Mohamed Ben Saïd, du ministère de l’Environnement, a souligné que les résultats de cette enquête serviront à ajuster les mesures prises dans le cadre de la stratégie nationale de transition écologique notamment en ce qui concerne les volets sur les changements climatiques et la science, le savoir et l’éducation environnementale.
Il a, dans ce contexte, souligné l’importance de renforcer la sensibilisation et l’éducation à l’environnement.
La Tunisie au 18e rang mondial en termes de sécheresse !
On rappelle que la Tunisie se classe au 18e rang mondial en termes de sécheresse selon les indicateurs publiés par l’Institut des ressources mondiales, et se situe au 20e rang mondial des pays souffrant de sécheresse hydrique.
Un document sur “l’inflation climatique : défis et opportunités face au changement climatique”, préparé par l’Institut arabe des chefs d’entreprise et publié par la radio nationale, révèle que les principaux risques auxquels la Tunisie est confrontée sont l’augmentation des températures, la diminution des précipitations, ainsi que la rareté de l’eau et la sécheresse.
Le pays a enregistré une augmentation des températures d’environ 0,4 degré Celsius au cours des trois dernières décennies. La température moyenne entre mai et septembre 2022 était d’environ 27,9 degrés Celsius, mais elle est passée à 27,1 degrés Celsius à l’été 2023.
Le gouvernement estime ainsi que l’une des priorités de la prochaine étape est de « rationaliser la consommation de l’eau et de faire pression sur la demande dans tous les secteurs, en plus de l’utilisation de ressource non traditionnelles », y compris le dessalement de l’eau de mer et la réutilisation des eaux usées traitées.
Signalons, également, que selon le dernier rapport de l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri), les dernières précipitations n’ont pas fondamentalement changé la donne. Le taux de remplissage des barrages monte péniblement à 37,7%.








