La Tunisie figure en bas du classement international en matière de congé de maternité par comparaison à d’autres pays, comme le Maroc où la femme dispose de trois mois et demi de congé de maternité, la France (quatre mois) ou le Royaume-Uni (52 semaines).
A cela, on ajoute la pénalité salariale, puisque la mère tunisienne ne perçoit que 67% de son salaire pendant ce congé. Et donc, après l’accouchement, plus vite la mère revient à l’emploi, moins elle perd de salaire.
Autre fait à relever sur ce registre, la Tunisie ne reconnaît toujours pas l’importance du rôle du père dans l’accueil d’un enfant. Un seul jour de congé dans le secteur privé et deux jours dans le secteur public, outre le fait que le père n’a pas le droit d’accompagner sa femme lors de l’accouchement. Il l’accompagne jusqu’à la porte du bloc de naissance et la récupère après des heures avec le nouveau-né, bien que dans les cliniques privées, les papas puissent y assister.
Ces deux jours de congé sont jugés insuffisants et n’aideront pas la jeune maman à récupérer de l’accouchement, qui se fait parfois par césarienne, et cette dernière se retrouve rapidement seule à gérer un bébé.
Les congés parentaux vont être allongés
A partir du 13 août, journée de la Femme en Tunisie, une nouvelle loi sur les congés de maternité et de paternité entrera en vigueur. Ce texte, approuvé le 1er août par le Parlement tunisien, prévoit l’introduction d’un congé prénatal de 15 jours maximum, un congé de maternité de trois mois et une augmentation du congé de paternité à 7 jours.
Une nouvelle loi, en faveur d’un allongement des congés parentaux, a été adoptée à une large majorité par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) dans la soirée du 31 juillet au 1er août. Cette réforme, dont les dispositions seront appliquées à compter de la date symbolique du 13 août, journée de la Femme en Tunisie, a été ratifiée avec 111 votes pour, 4 contre et une seule abstention, a rapporté l’ARP dans un communiqué.
Désormais les pères tunisiens bénéficieront d’un congé d’une durée d’une semaine ouvrable rémunérée. Auparavant, le conjoint n’avait droit qu’à un seul jour de congé dans le secteur privé et deux jours dans le secteur public. La durée pourra être prolongée jusqu’à dix jours en cas de naissance multiples, d’un enfant présentant un handicap, prématuré ou atteint d’anomalies congénitales.
Pour la première fois en Tunisie, les futures mères bénéficieront d’un congé prénatal, pouvant aller jusqu’à 15 jours au cours du dernier mois de grossesse. La nouvelle loi prévoit également un congé de maternité de trois mois, au lieu de deux mois.
Une durée qui, pour les mêmes raisons que les pères, pourra être portée à quatre mois. La loi accordera un congé de maternité d’un mois aux mères qui donneront naissance à un enfant mort-né.
On rappelle également que le chef du gouvernement a récemment réaffirmé l’engagement de l’Etat à protéger et à renforcer les droits acquis des femmes et attache une grande importance aux questions liées à la famille et au bien-être de ses membres, puisque c’est dans ce cadre que se développent l’esprit de solidarité et la citoyenneté positive.
Hachani a souligné que «la famille est la cellule de base de la société et il incombe à l’État de la protéger et ce, comme le stipule la Constitution».
Il a, en outre, indiqué que l’Etat œuvre également à garantir l’égalité entre tous sans discrimination aucune, comme le stipule l’article 23 de la Constitution.
A noter que les lois relatives aux congés de maternité et de paternité en vigueur n’ont pas été amendées depuis 1983 dans le secteur public et depuis 1974 dans le secteur privé, et elles ne sont plus adaptées aux évolutions sociétales.








