La nouvelle tentative de l’Algérie d’ouvrir ses vastes réserves minières aux investisseurs étrangers a déclenché une tempête politique. Les législateurs et les partis d’opposition accusent le gouvernement de mettre en péril la souveraineté du pays dans sa course désespérée pour relancer un secteur en difficulté et attirer des devises fortes.
Cette semaine, les partis politiques et les membres du parlement ont exprimé leur inquiétude concernant le projet de loi minière du gouvernement, demandant des amendements ou même un retrait complet du projet de loi avant le vote prévu le 26 juin.
Les législateurs de l’opposition soutiennent que la législation proposée ouvrirait la porte à l’exploitation étrangère des richesses minières du pays.
La question la plus controversée est l’article 102 du projet de loi, qui limite la part des partenaires nationaux dans les projets miniers impliquant des investisseurs étrangers.
« On ne peut pas formuler l’article de manière à limiter la participation nationale tout en accordant un avantage stratégique aux entreprises étrangères », a déclaré Ahmed Beljilali, un membre du parlement, qui a également averti que la clause écartait effectivement les parties prenantes algériennes en faveur des investisseurs étrangers.
L’article stipule que la compagnie minière nationale ne détiendrait que 20 % du capital de toute entité enregistrée en Algérie et détenue en partie ou en totalité par des acteurs étrangers, au cas où cette entité demanderait une licence d’exploitation minière.
La disposition prévoit que si le capital de l’entité augmente, la participation de la société nationale ne peut être réduite, sauf si elle en décide autrement.
En cas d’appel d’offres, comme le prévoit l’article 97, la part de la société nationale ne sera plus limitée à 20 % et pourra même dépasser cette limite.
Ce projet de loi, présenté au parlement la semaine dernière par le ministre de l’énergie et des mines, Mohamed Arkab, fait partie d’une stratégie globale visant à attirer les investissements étrangers et à améliorer le secteur minier algérien, peu performant.
L’Algérie possède de vastes richesses minières, dont environ 20 % des terres rares du monde, concentrées principalement dans ses régions méridionales, selon ses responsables.
Des projets clés tels que la mine de fer de Gara Djebilet, l’une des plus importantes au monde avec des réserves de 3,5 milliards de tonnes, et la mine de phosphate de Bled El Hadba illustrent le potentiel minier du pays.
Les rapports officiels algériens estiment que 31 minéraux différents sont exploités par environ 1 400 opérateurs dans tout le pays, mais le secteur minier contribue à moins de 1 % du PIB du pays d’ici la fin de 2020.
Le gouvernement algérien affirme que la nouvelle loi introduit des incitations reconnues mondialement, simplifie les procédures d’investissement et vise à créer un environnement plus durable et plus attrayant pour les parties prenantes nationales et internationales.
Selon le gouvernement, le projet de loi est le fruit de plus de trois ans de consultations et d’études techniques.
Algérie : Le Parlement contre l’ouverture des ressources minières à l’investissement étranger !
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