Les ministres des affaires étrangères de la Tunisie, de l’Égypte et de l’Algérie se sont réunis au Caire pour réactiver un mécanisme trilatéral axé sur la Libye, dans un contexte d’inquiétude concernant l’évolution de la situation et la fragilité de l’ouest du pays.
Le mécanisme trilatéral impliquant les trois pays a été initialement lancé en 2017 et est devenu inactif en 2019. La réunion du Caire a marqué la réactivation de cette initiative conjointe, découlant de l’engagement des trois nations à soutenir la sécurité et la stabilité en Libye.
L’égyptien Abdelatty a souligné la « priorité que représente le dossier libyen pour la sécurité nationale de l’Égypte, de l’Algérie et de la Tunisie en tant que pays voisins directs de la Libye », insistant sur la « nécessité de soutenir les efforts visant à lancer un processus politique pour régler la crise en Libye ».
Ila exposé les paramètres de la position de l’Égypte sur l’évolution de la situation en Libye, qui soutient « une solution libyenne-libyenne sans diktat ni ingérence extérieure ou sans contourner le rôle des institutions nationales libyennes, conduisant à la tenue simultanée d’élections présidentielles et parlementaires ». Cité par Daily News Egypt, Il a souligné « l’importance de respecter l’unité et l’intégrité territoriale de la Libye et de la tenir à l’écart de toute ingérence extérieure, de soutenir les efforts des Nations unies pour communiquer avec toutes les composantes du peuple libyen, et la nécessité de concerter les efforts internationaux pour faire appliquer les résolutions pertinentes des Nations unies concernant le retrait de toutes les forces étrangères, des mercenaires et des combattants étrangers de Libye, de manière à contribuer au rétablissement de la sécurité et de la stabilité ».
Concernant les récents développements dans la capitale libyenne, Tripoli, les trois ministres ont convenu de l’importance de maintenir la sécurité et la stabilité dans tous les territoires libyens, de sauvegarder les ressources de l’État et les institutions nationales, et de respecter l’unité et l’intégrité de la Libye. Ils ont appelé à préserver la paix, à renoncer à la violence et à défendre l’intérêt national libyen avant toute autre considération. Ils ont affirmé leur engagement à continuer à travailler avec les partenaires régionaux et internationaux pour fournir une assistance et toutes les formes de soutien à la Libye et à œuvrer pour assurer la sécurité et la sûreté de son peuple.
Appel à mettre fin à l’escalade
Compte tenu de la gravité des événements et de l’évolution de la situation en matière de sécurité à Tripoli, un communiqué des trois ministres renouvelle leur appel à toutes les parties libyennes pour qu’elles fassent preuve de la plus grande retenue et mettent immédiatement fin à toute escalade afin d’assurer la sécurité du peuple libyen. Les ministres ont souligné l’importance de défendre les intérêts du peuple libyen, de préserver ses ressources et ses biens et de parvenir à un consensus entre toutes les parties libyennes, sous la supervision et avec le soutien des Nations unies et l’aide des pays voisins. Cela devrait permettre de mettre fin à la division et de faire avancer le processus politique vers l’unification des institutions et la tenue simultanée d’élections parlementaires et présidentielles.
Le communiqué souligne en outre la nécessité de trouver rapidement une solution à la crise libyenne et de mettre fin à la division politique afin d’éviter une nouvelle escalade, la propagation de la violence et du terrorisme et l’extension du conflit, en affirmant que la sécurité de la Libye fait partie intégrante de la sécurité de ses voisins. Les ministres ont réaffirmé la nécessité pour la Libye de s’approprier pleinement le processus politique, en déclarant que la solution doit être libyenne-libyenne, émaner de la volonté et du consensus de toutes les composantes du peuple libyen, avec le soutien et l’assistance des Nations unies, et d’une manière qui prenne en compte les intérêts de tous les Libyens, sans exclusion.
Rejet de toute ingérence extérieure
Par le biais du communiqué, les ministres ont affirmé leur rejet de toute forme d’ingérence extérieure en Libye, qui, selon eux, alimenterait les tensions internes et prolongerait la crise, menaçant ainsi la sécurité et la stabilité en Libye et dans les pays voisins. Ils ont également souligné la nécessité de continuer à soutenir les efforts du Comité militaire conjoint (5+5) pour consolider le cessez-le-feu existant, assurer le retrait de toutes les forces étrangères, des combattants étrangers et des mercenaires dans un délai déterminé et réunifier les institutions militaires et de sécurité, en pleine harmonie avec les efforts en cours dans le cadre des Nations unies, de l’Afrique, des pays arabes et de la Méditerranée.
Enfin, les ministres ont convenu de poursuivre la coordination entre les trois pays et les Nations unies afin d’évaluer la situation en Libye et d’échanger des points de vue sur l’avenir de la scène politique libyenne et sur la manière de coopérer pour parvenir à la sécurité, à la stabilité et au développement dans la région. Le communiqué conclut en soulignant la nécessité d’organiser des réunions périodiques du mécanisme trilatéral des pays voisins, la prochaine réunion ministérielle devant se tenir en Algérie, suivie d’une autre en Tunisie, avant la fin de l’année en cours.








