Le déficit commercial du Maroc devrait se creuser au cours des deux prochaines années, reflétant un profond déséquilibre entre la demande interne croissante du pays et le rythme limité de la croissance de ses exportations.
Selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’écart pourrait atteindre 19,8 % du PIB en 2025, après avoir été de 19,1 % en 2024.
La tendance pourrait se poursuivre en 2026, lorsque le déficit commercial devrait atteindre 20,1 %.
Derrière ces chiffres se cache l’histoire d’un pays tiré dans deux directions extrêmes. L’une est marquée par une économie intérieure énergique, et l’autre est alourdie par un contexte mondial défavorable.
La forte demande intérieure du Maroc continue d’alimenter les importations. Dans le même temps, les exportations restent limitées, affectées par la stagnation économique européenne et l’incertitude géopolitique persistante.
Le phosphate et ses dérivés devraient continuer à se maintenir. La demande mondiale restant élevée et les restrictions affectant encore l’offre de pays comme la Chine et la Russie, le Maroc conserve un avantage.
L’agriculture et les produits agroalimentaires pourraient également enregistrer de bonnes performances, soutenus par des conditions météorologiques favorables et une bonne saison des récoltes.
D’autres secteurs sont confrontés à des conditions plus difficiles. L’industrie textile montre des signes de tension, frappée par la faiblesse de la demande européenne et le durcissement de la concurrence mondiale.
Le secteur automobile, qui était autrefois l’une des plus belles histoires économiques du Maroc, est également sous pression. Des problèmes techniques et l’abandon des véhicules à moteur à combustion en Europe pourraient freiner les exportations en 2025. Cependant, l’orientation progressive du Maroc vers la mobilité électrique donne au secteur une certaine marge de manœuvre pour pivoter et s’adapter à l’évolution de la demande.
Maroc : Le déficit commercial devrait se creuser à 20,1% en 2026
- Publicité-








