La Tunisie a connu depuis des années, la montée en puissance d’un phénomène nommé « la fuite des cerveaux ». Concrètement, cet exode se traduit surtout par le départ des médecins tunisiens à l’étranger.
Ainsi, en quittant son pays d’origine, ce praticien emporte avec lui son talent mais aussi toute la formation et l’apprentissage qu’il a reçus et permet à un autre pays d’en bénéficier.
Plutôt que de partir vers l’autre bout du monde pour saisir de nouvelles opportunités professionnelles, pourquoi ne pas créer les siennes ici ?
C’est dans ce contexte que Dr Abdelaziz Hamdane, membre de la Société tunisienne de médecine générale et expert auprès de l’Organisation mondiale de médecine de famille, a tiré la sonnette d’alarme sur l’exode massif des jeunes médecins tunisiens.
Sur les 1 900 nouveaux diplômés, pas moins de 1 600 ont choisi de s’installer en Europe pour y exercer. Ce phénomène, révélateur à la fois de la qualité de la formation médicale en Tunisie et des défaillances structurelles du système de santé, met en lumière la précarité des conditions de travail et le manque de valorisation des praticiens.
Hamdane a insisté sur le rôle crucial du médecin de famille, capable de traiter plus de 80 % des pathologies courantes et de réduire de 19 % la mortalité prématurée, plaidant ainsi pour une véritable réforme de la médecine de proximité et une refonte globale de la politique sanitaire nationale.
Les médecins spécialistes absents dans les régions
La simple idée de s’installer dans des zones rurales rebute encore un grand nombre de jeunes médecins spécialistes qui refusent de travailler dans les hôpitaux régionaux à cause des mauvaises conditions de travail et de l’absence de plateau technique dans certains services.
Le paradoxe, c’est que le pays ne manque pas de médecins spécialistes, puisque ses quatre facultés de médecine en forment chaque année des dizaines. Malheureusement, cette richesse extraordinaire est mal répartie car la quasi-majorité est déployée dans les grandes villes et les régions côtières alors que les régions intérieures restent désertes ou presque.
Il est vrai que le manque de moyens, les agressions répétitives à l’encontre des médecins, l’absence d’une vision claire pour le secteur figurent parmi les entraves qui se dressent devant les médecins et les obligent à ne pas travailler dans les régions internes de la République. Mais l’accueil chaleureux connu chez les citoyens de ces régions et leur générosité peuvent compenser ces difficultés et permettre aux jeunes médecins de vivre une expérience professionnelle et personnelle unique et enrichissante…
Manifestement, la fuite des cerveaux, notamment les médecins, surtout ces dernières années, alimente le débat sur la place publique. Les médias en font leurs choux gras, l’opinion publique s’en saisit, en parle abondamment, épilogue sur les raisons de cette hémorragie et pleure un bon coup sur les ratés d’un système de santé devenu endémique.
Mais jusqu’ici on ne disposait pas d’éléments tangibles sur l’acuité de ce fléau, sa gravité et son impact sur un système de santé déjà sinistré à bien des égards.
L’Europe, principale destination de ces cerveaux tunisiens, a anticipé son problème de vieillissement de la population, et donc son gros besoin en personnels soignants, en mettant en place un dispositif d’équivalence qui donne la possibilité aux médecins étrangers d’y pratiquer.
Il faudra des milliers d’actions pour convaincre les médecins que quelque chose est en train de changer dans le pays et que cela vaut la peine de rester !









En Tunisie, le médecin privé surtout les spécialistes gagne beaucoup d’argent, rien que la visite d’un cardio 5 min max inscrit 80 dinars minimum, d’autres perçoivent 70 dinars, s’il fait 10 patients par jour en moyenne, ça lui fait 800 dinars minimum par jour, par mois il fera 16 000 dinars en moyenne par mois alors que l’ingénieur Bac +5 min débutant touche environ 2000 dt par mois s’il exerce dans le privé, dans le public moins de 1500 dt.
Les médecins qui ont migré en Europe, seront bientôt de retour, car la vie est plus agréable en Tunisie, une expérience ne tue pas.