La Tunisie aurait enregistré une baisse significative de son attractivité pour les investissements en 2025/2026, selon le rapport de Rand Merchant Bank (RMB).
Le pays occupe désormais la 12e place sur 31 nations africaines, contre la 7e place dans le précédent rapport (2024/2025).
Le score des conditions opérationnelles de la Tunisie n’atteint que 0,14 sur une échelle de 0 à 1. Une analyse plus approfondie révèle les faiblesses du pays au niveau de sa structure de croissance (30e place), de ses prévisions de croissance du PIB (31e place) et de sa croissance démographique (30e place).
La Tunisie fait partie des pays ayant connu le recul le plus important, aux côtés du Nigeria (en baisse de 9 places), du Sénégal (en baisse de 6 places) et du Mozambique (en baisse de 5 places).
Comme le souligne le rapport : « Avec seulement 1,4 %, le taux de croissance prévisionnel moyen sur cinq ans de la Tunisie est parmi les plus faibles. La situation budgétaire tendue laisse peu de marge de manœuvre aux autorités pour y remédier. » Le rapport « Où investir en Afrique 2025/2026 », publié par la société de services financiers sud-africaine Rand Merchant Bank (RMB), analyse les opportunités d’investissement sur le continent.
Un barème de 20 indicateurs
Il s’agit d’un classement des pays africains en fonction de leurs perspectives d’investissement. Chaque pays se voit attribuer un score de « conditions opérationnelles » calculé à partir de 20 indicateurs.
Ces indicateurs comprennent le PIB, la taille de la population, le PIB par habitant, le taux d’urbanisation, l’innovation, la connectivité, la stabilité du taux de change, la gouvernance et la stabilité politique, ainsi que des facteurs sociaux tels que le développement humain, l’inflation et les inégalités de revenus.
L’étude porte sur 31 pays, représentant 90 % du PIB africain, 83 % de sa population et 61 % de la superficie totale du continent.
Le top 5 reste inchangé par rapport à l’édition 2024/25 du rapport. Les Seychelles et Maurice conservent leurs premières places en tant que pays les plus attractifs du continent. Ils sont suivis par l’Égypte (3e), l’Afrique du Sud (4e) et le Maroc, qui complète le top 5.
Derrière eux, on trouve le Ghana, suivi de l’Algérie, qui gagne trois places par rapport à l’année dernière et se hisse au 7e rang, après avoir occupé la 10e position. Viennent ensuite la Côte d’Ivoire, la Tanzanie et le Kenya, qui complètent le top 10.
Il convient de souligner les pays qui ont réalisé les plus fortes progressions au classement : la Côte d’Ivoire, qui passe de la 16e à la 8e place, suivie de la Zambie (en hausse de 5 places), de l’Algérie (en hausse de 3 places) et de la Tanzanie (en hausse de 3 places).
Le recul des IDE, une tendance mondiale, d’après la CNUCED
Cependant, selon l’agence gouvernementale tunisienne en charge des IDE FIPA, les investissements internationaux en Tunisie ont atteint le montant de 1650,3 MTND à la fin du premier semestre 2025. Comparés aux trois dernières années, ces investissements ont enregistré des variations de +20,8% par rapport à 2024, +35,8% par rapport à 2023 et +63,6% par rapport à 2022.
Les IDE sont répartis à hauteur de 24,3% pour les énergies, 62,9% pour les industries manufacturières, 11,6% pour les services et 1,2% pour l’agriculture.
Plus de 42% des IDE reçus au premier semestre sont concentrés dans les régions du Grand Tunis (553,7 MTND), principalement le gouvernorat de Tunis avec 232,4 MTND et la région du Nord-Est avec plus de 35% des IDE (436,3 MTND).
La répartition, par pays de provenance, place la France en première position avec 421MTND soit plus de 33% du total des IDE hors énergie. L’Italie est en deuxième position avec 159,4MTND, l’Allemagne troisième avec 124,2MTND, le Pays-Bas quatrième avec 91,1MTND et les Etats-Unis d’Amérique en cinquième position avec 88,4MTND.
Selon le Rapport sur les investissements dans le monde 2025 publié le 15 juin dernier par ONU commerce et développement (CNUCED), les investissements directs étrangers (IDE) ont reculé de 11 % au niveau mondial, enregistrant ainsi une deuxième année consécutive de baisse qui confirme le ralentissement marqué des flux de capitaux productifs.







