Le ministère du Commerce et du développement des Exportations a annoncé, mardi, le lancement de l’élaboration de la stratégie nationale de réduction du gaspillage alimentaire en Tunisie.
Présidant une réunion au siège de son département, le ministre Samir Abid a précisé que cette stratégie sera mise en œuvre en collaboration avec l’Institut national de la consommation (INC) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), sous la supervision d’un comité de pilotage réunissant les ministères, structures administratives et composantes de la société civile concernés.
Selon le ministre, le gaspillage alimentaire représente un défi social, économique et environnemental majeur, provoquant d’importantes pertes pour l’économie nationale, l’épuisement des ressources naturelles et contribuant à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
Abid a souligné la nécessité de développer de nouvelles approches et mécanismes, à travers une stratégie accompagnée d’un plan d’action concret et d’un plan de communication inclusif, destiné à sensibiliser l’ensemble des catégories sociales, tout en exploitant les outils modernes de communication.
Il a exprimé l’espoir que cette démarche permettra de changer les comportements liés au gaspillage alimentaire, depuis le cadre familial jusqu’à l’échelle sociétale, afin d’en faire un enjeu économique, social et environnemental intégré dans les pratiques quotidiennes.
Un classement peu enviable !
Selon des experts de l’Institut, la Tunisie devance les pays maghrébins et occupe le premier rang, au niveau arabe, dans le gaspillage de la nourriture.
Chaque année, le Tunisien gaspille 172 kg d’aliments, alors que les quantités dilapidées par la collectivité s’élèvent à 12 mille tonnes.
Il existe, pourtant, des solutions pour que les consommateurs réduisent le gaspillage alimentaire comme le fait de se contenter des quantités nécessaires et de bien les conserver afin d’éviter leur détérioration, suggèrent les experts du l’Institut.
Pour réduire les pertes alimentaires, les entreprises peuvent, de leur côté, fournir des dons aux associations caritatives et aux organismes sociaux, ont-ils ajouté insistant sur les techniques de réfrigération et de stockage appropriées pour préserver la qualité des aliments plus longtemps.
113 000 tonnes de pain jetées chaque année par les familles tunisiennes !
Le gaspillage alimentaire, notamment le gaspillage du pain, est un problème préoccupant en Tunisie, particulièrement pendant le mois de Ramadan. Selon Chokry Ben Rjeb, directeur de l’Institut national de la consommation, environ 113 000 tonnes de pain sont jetées chaque année, soit l’équivalent de 42 kg par foyer.
En période de Ramadan, ce chiffre augmente de manière alarmante, avec 46% du pain acheté finissant à la poubelle. Ce gaspillage alimentaire coûte à la Tunisie environ 105 millions de dinars (environ 35 millions de dollars) chaque année, alors que le pays traverse une crise économique et une pénurie de produits céréaliers.
Les autorités ont exprimé leur préoccupation concernant l’impact de ce gaspillage, notamment dans un contexte où les importations de blé sont coûteuses et où la production nationale souffre des effets du changement climatique.








