La Tunisie a reculé de huit places dans l’Indice de l’État de droit 2025, se classant 85e au niveau mondial, tout en conservant sa 9e place en Afrique.
Sur un total de 143 pays évalués par le World Justice Project, la Tunisie se classe 85e État de droit au monde en 2025, avec un score global de 0,49. À titre indicatif, les scores des pays étudiés varient de 0 à 1, 1 correspondant au respect le plus strict de l’État de droit et 0 au plus faible.
L’analyse des différents piliers de l’État de droit révèle des résultats mitigés pour le pays.
Il se distingue par un niveau élevé en matière d’ordre et de sécurité, avec un score de 0,72, tandis que l’application de la réglementation obtient un score de 0,48. Les droits fondamentaux et la transparence gouvernementale obtiennent respectivement 0,46 et 0,44.
Le système judiciaire apparaît plus fragile : la justice pénale obtient 0,40 et la justice civile 0,47.
Être un État de droit signifie que toutes les actions, publiques ou privées, sont régies par des lois claires, transparentes et équitables, appliquées impartialement.
Dans ce cadre, l’économie bénéficie d’un environnement prévisible et sûr : les droits de propriété sont protégés, les contrats sont respectés et la concurrence est réglementée, ce qui favorise l’investissement et une croissance durable.
44 indicateurs meublent l’indice
Pour évaluer la qualité de l’État de droit dans le monde, le World Justice Project (WJP) publie chaque année son Indice de l’État de droit. Dans son édition 2025, il analyse le respect de ces principes dans 143 pays.
L’indice repose sur quarante-quatre indicateurs regroupés en huit grandes catégories, allant de la limitation des pouvoirs publics et l’absence de corruption, à la transparence gouvernementale, au respect des droits fondamentaux, à l’ordre et à la sécurité, à l’application de la réglementation et à la justice civile et pénale. Au niveau continental, le Rwanda conserve sa première place depuis l’édition 2021 de l’Indice de l’état de droit, avec un score global de 0,63, ce qui place le pays aux mille collines au 39e rang mondial.
La Namibie arrive en deuxième position en Afrique avec un score de 0,61 et se classe 45e au niveau mondial, devant Maurice (47e), le Botswana (50e), le Sénégal (58e), l’Afrique du Sud (60e), le Ghana (63e), le Malawi (71e) et la Tunisie (85e). L’Algérie, au 88e rang mondial, complète le top 10 africain.
Le Maroc se situe un peu plus loin, au 91e rang mondial, tandis que l’Égypte occupe la 135e place sur les 143 pays évalués.
Le Top5 mondial mené par le Danemark
Il est à noter qu’à l’échelle mondiale, l’État de droit le plus performant est le Danemark, suivi de la Norvège, de la Finlande, de la Suède et de la Nouvelle-Zélande. –
Plus globalement, en 2025, 68 % des pays ont vu leur état de droit se détériorer, contre 57 % l’année précédente.
« La détérioration constante de l’état de droit s’était ralentie ces dernières années. Cette année, cependant, nous constatons un net renversement de tendance : davantage de pays voient leur état de droit se détériorer, tandis que moins de pays progressent », a déclaré Alejandro Ponce, directeur exécutif du WJP.
L’écart entre les pays ayant progressé et ceux ayant régressé se creuse. L’année dernière, les pays ayant progressé ont enregistré une hausse moyenne de leur score de 0,52 %, tandis que ceux ayant régressé ont subi une baisse moyenne deux fois plus importante : 1,07 %. Cette différence souligne que si la construction d’institutions de l’état de droit robustes peut être un processus long et itératif, leur démantèlement peut être rapide.








