AccueilLa UNECommerce des boissons alcoolisées : On se graisse copieusement le toboggan !

Commerce des boissons alcoolisées : On se graisse copieusement le toboggan !

Ça coule de source ! le secteur des boissons alcoolisées est traditionnellement celui où la fraude fiscale est l’exercice le plus répandu. Au point que le volume de l’évasion fiscale aussi bien au niveau de la production que du commerce y a atteint 1,8 milliard de dinars (MD). Un chiffre révélé par Ali Khelifi, chef de la brigade des investigations et de la lutte contre l’évasion fiscale, communément appelée « Police fiscale ».

Dans une déclaration accordée à TAPil a précisé que 500 millions de dinars de ce montant sont liés spécifiquement à l’activité des bars-restaurants.

Khelifi a indiqué que des contrôles ciblés dans des cafés touristiques et des boîtes de nuit situés dans les régions du Lac, de Gammarth et de la Soukra ont permis d’identifier un déficit dans les chiffres d’affaires, ou une évasion fiscale, s’élevant à 90 millions de dinars. Il a souligné que les missions de contrôle se poursuivaient dans ce secteur.

Le commerce électronique aussi…

Le champ d’action de la Police fiscale s’étend bien au-delà des boissons alcoolisées. Le responsable a ainsi révélé que ses enquêtes dans le domaine du commerce électronique ont mis en lumière un volume de transactions global d’environ 1700 MD et identifié 7596 personnes exerçant une activité de vente en ligne sans identifiant fiscal.

D’autres secteurs ont également fait l’objet d’enquêtes, tels que les cliniques privées, les médecins, le commerce de gros des médicaments, les concessionnaires automobiles, les grandes surfaces et le secteur de l’assurance.

Khelifi a fait état d’un renforcement des effectifs de la Brigade, passée de 17 enquêteurs en 2023 à 40 actuellement. Malgré cette progression, il a reconnu que le capital humain « reste insuffisant face aux défis existants » et qu’il était nécessaire d’accroître davantage les effectifs pour améliorer l’efficacité des interventions.

Créée en octobre 2017 et opérationnelle depuis janvier 2018, la Brigade des investigations et de lutte contre l’évasion fiscale relève de la Direction générale des impôts (DGI) et agit sous la supervision des procureurs généraux. Sa mission est de détecter, d’enquêter et de collecter des preuves relatives aux infractions fiscales pénales sur l’ensemble du territoire.

Ali Khelifi a affirmé que la brigade agit « dans le respect total de la loi et des droits des contribuables », tout en luttant contre toute pratique visant à échapper à l’obligation fiscale. Elle s’est engagée à ce que tous les agents œuvrent pour « instaurer une administration forte et équitable ».

Un marché « florissant »

Le marché tunisien des boissons alcoolisées devrait connaître une croissance constante, avec des projections indiquant une augmentation de la valeur marchande par rapport à l’USD 2.0 milliards dans 2025 à USD 2.5 milliards 2030, reflétant un taux de croissance annuel composé de 4.63%, selon une étude de marché livrée par StrategyHelix. La croissance devrait être soutenue par une sensibilisation croissante des consommateurs et une base croissante de buveurs D’autant plus que les normes sociales continuent d’évoluer et que la consommation d’alcool s’intègre de plus en plus dans les modes de vie urbains. La prolifération des débits de boissons, y compris les bars, restaurants, et les hôtels – élargit l’accès, tandis que la surveillance gouvernementale et une réglementation plus stricte orientent la demande vers une distribution légale, produits taxés, soutenant ainsi le marché formel.

La bière reste au cœur de la culture alcoolique tunisienne, soutenu par son prix relativement bas et sa forte tradition locale, ajoute la même source. La démographie des jeunes joue un rôle important dans le moteur de la croissance, attiré par la consommation occasionnelle, expériences sociales, et l’innovation des produits émergents. Dans les zones rurales, l’accès à des boissons alcoolisées à bas prix augmente, renforçant la popularité des prix abordables. Cependant, cette sensibilité aux prix reflète également des pressions macroéconomiques plus larges. Inflation persistante, hausse des prix à la consommation, et la baisse du pouvoir d’achat réel continuent de façonner le comportement de consommation, en particulier parmi les classes inférieures- et groupes à revenus moyens explique StrategyHelix, la société basée à Hong Kong , spécialisée dans la fourniture de services de planification stratégique d’entreprise et d’études de marché.

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