Les groupes armés ont intensifié leurs opérations dans le centre du Sahel. Pour la seule année écoulée, plus de 10 000 morts ont été recensés au Burkina Faso, au Mali et au Niger, révèle l’Acled, l’ONG qui recense les victimes des conflits à travers le monde. Parallèlement, le Jnim – le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à el-Qaïda – et l’État islamique au Sahel ont étendu leurs activités vers les zones frontalières du nord du Bénin, du Niger et du Nigeria, où ils ont renforcé leur implantation.
Dans ce contexte, le nord du Bénin, frontalier du Burkina Faso, du Niger et du Nigeria, a connu « son année la plus meurtrière jamais enregistrée », avec une hausse de près de 70 % du nombre de décès par rapport aux onze premiers mois de 2024. Cette dégradation sécuritaire a notamment été marquée par l’attaque d’avril dernier dans le parc national W au nord du pays, durant laquelle plus de 50 soldats ont été tués. Le Jnim y a intensifié ses opérations transfrontalières depuis l’est du Burkina Faso.
Citée par RFI, Acled relève également une implantation désormais avérée des groupes sahéliens dans le nord-ouest et l’ouest du Nigeria. Cette convergence croissante entre jihadistes sahéliens et nigérians constitue un tournant : les théâtres d’opérations, autrefois distincts, fusionnent progressivement pour former un vaste espace de violence s’étendant du Mali jusqu’à l’ouest du Nigeria. La zone tri-frontalière est ainsi devenue un « point névralgique du conflit ».








