La Tunisie se classe au 10e rang des pays africains les plus endettés auprès des créanciers étrangers, selon la Banque mondiale.
Fin 2024, son encours de dette extérieure atteignait 40,4 milliards de dollars, tandis que le service de sa dette (principal et intérêts) s’élevait à 3,8 milliards de dollars pour l’année.
La dette extérieure est principalement composée de prêts multilatéraux, qui représentent 63 % du total.
Ces fonds proviennent principalement d’institutions internationales : 20 % de la Banque mondiale (BIRD), 11 % de la Banque africaine de développement (BAD) et le reste, soit 12 %, via d’autres organisations multilatérales.
Les dettes bilatérales, qui représentent 25 % du total, sont contractées directement avec les États partenaires. L’Allemagne en détient 5 %, le Japon et la France 4 % chacun, tandis que les 12 % restants sont répartis entre les autres pays.
Enfin, les créances du secteur privé s’élèvent à 12 %, y compris les prêts commerciaux et les obligations émises sur les marchés financiers internationaux.
Le stock de la dette extérieure mondiale, hors pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), a atteint 8 937 milliards de dollars, selon le dernier rapport annuel publié par la Banque mondiale.
1200 milliards$, dette de l’Afrique
En Afrique, la persistance des déficits publics et des politiques d’investissement, notamment dans les infrastructures, pousse de plus en plus de pays à recourir à l’emprunt extérieur.
Fin 2024, le montant total de la dette extérieure de l’Afrique s’élevait à 1 200 milliards de dollars.
Cependant, ce fardeau n’est pas réparti équitablement. Dix pays seulement représentent plus de 80 % de ce stock, soit 808 milliards de dollars.
Cette proportion représente 13,4 % de la dette extérieure mondiale, hors OCDE, et marque une augmentation de 4 % par rapport à l’année précédente.
Hormis la Tunisie, l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Nigeria affichent les niveaux d’endettement extérieur les plus élevés du continent.
L’Afrique du Sud devance l’Égypte avec une dette de 156 milliards de dollars, tandis que l’Égypte et le Nigeria atteignent tous deux 109 milliards de dollars.
Ils sont suivis par le Mozambique (70 milliards de dollars), le Maroc (68 milliards de dollars), l’Angola (59 milliards de dollars), le Sénégal (47 milliards de dollars), le Kenya (43 milliards de dollars) et la Côte d’Ivoire (40,5 milliards de dollars).
Les trois pays les plus endettés — l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Nigeria — représentent à eux seuls plus de 53,7 milliards de dollars de service de la dette pour l’année 2024.
Il convient de noter que la dette extérieure désigne l’ensemble des sommes dues à des créanciers étrangers, qu’il s’agisse d’États, d’institutions internationales, d’entreprises ou de particuliers. Elle peut être à court terme (moins d’un an) ou à long terme et peut être garantie ou non.
La dette extérieure de la Tunisie vouée à la baisse
Le volume de la dette extérieure de l’État a enregistré une baisse notable, passant de 66 874 Md en 2023 à 62 539 MD en 2024. La baisse de la dette extérieure se poursuivra pour atteindre 56 971 MD en 2025 et 56 486 MD en 2026, selon un rapport du ministère des Finances.
Le volume total de la dette de l’État à la fin de l’année 2026 devrait s’élever à 156 704 MD, contre 145 032 MD en 2025, soit une augmentation de 11 672 MD.
Cette hausse est attribuable au financement du déficit budgétaire (11 015 MD) et en raison de l’impact des taux de change (650 MD), précise le rapport du ministère relatif au projet de budget de l’État pour l’année 2026.
A la fin de l’année 2026, la dette de l’État devrait atteindre 83,41 % du Produit Intérieur Brut (PIB), contre 84,02 % prévus pour l’année 2025 et 84,9 % enregistrés en 2024.
Selon les prévisions de financement extérieur pour 2025-2026, l’impact de la hausse des taux de change sur le volume de la dette de l’État est estimé à raison d’une augmentation de 0,01 dinar pour les cours du dollar et de l’euro, et de 0,1 dinar pour le cours de 1000 yens japonais, ajoute la même source.
Globalement, une hausse de 1 % des taux de change des devises étrangères par rapport au dinar, selon les prévisions établies pour fin 2026, entraînerait une augmentation du volume de la dette de l’État d’environ 593 MD, soit 0,32 % du Produit Intérieur Brut.








