En 2025, les monnaies les plus fortes d’Afrique étaient dominées par les économies d’Afrique du Nord et du Sud, la Tunisie occupant la première place du classement à la fin de l’année.
Le dinar tunisien s’est imposé comme la monnaie la plus forte du continent face au dollar américain, s’échangeant à environ 2,90 pour un billet vert, suivi du dinar libyen à 5,41 et du dirham marocain à 9,11, explique à cet égard le site Eastleigh Voice .
Le Ghana, en Afrique de l’Ouest, se classe quatrième, avec un taux de change du cedi de 10,93 pour un dollar, ce qui marque un net revirement par rapport aux années de volatilité précédentes.
Le Botswana suivait en cinquième position avec le pula à 13,54, tandis que la roupie seychelloise se classait sixième à 14,89, reflétant la position extérieure relativement stable de l’économie insulaire.
L’Érythrée, l’Eswatini et l’Afrique du Sud occupaient respectivement les septième, huitième et neuvième position, leurs devises se situant autour de la fourchette de 15 à 16,69 par rapport au dollar.
La Namibie et le Lesotho complètent la liste, reflétant le lien étroit entre leurs monnaies et le rand sud-africain via la Zone monétaire commune.
Le classement par rapport au dollar américain s’explique par le fait que le billet vert continue de servir de référence mondiale pour l’évaluation des devises, agissant souvent comme un baromètre de la stabilité économique nationale et de la confiance des investisseurs.
En Afrique, en 2025, l’évolution des taux de change est devenue un indicateur visible de la capacité des pays à protéger leurs économies et leurs citoyens des chocs économiques mondiaux.
Plus largement, une monnaie forte reflète la confiance dans la gestion économique d’un pays, sa discipline budgétaire, sa capacité d’exportation et sa stabilité politique.
Là où cette confiance existe, elle tend à se traduire par une inflation importée plus faible, un pouvoir d’achat plus fort et de meilleures perspectives de croissance à long terme.
Le reflet de « choix politiques rigoureux »
L’expérience de l’Afrique du Sud au cours de l’année illustre cette dynamique.
Le rand s’est apprécié de plus de 12 % par rapport au dollar, soutenu par une amélioration des performances budgétaires, une maîtrise efficace de l’inflation et une flambée des prix des métaux précieux, ce qui a atténué les pressions à l’importation et remonté le moral des investisseurs.
En Afrique de l’Ouest et australe, le Ghana et la Zambie se sont distingués comme les monnaies les plus performantes de l’année, selon les évaluations de la Banque mondiale.
Le cedi ghanéen a rebondi fortement, gagnant plus de 20 % au cours des huit premiers mois de 2025 après une forte baisse en 2024, soutenu par des politiques monétaires et budgétaires strictes et par des recettes d’exportation plus élevées provenant du cacao et de l’or.
Le kwacha zambien a également enregistré de fortes hausses, progressant d’environ 16 % au cours de l’année grâce aux progrès réalisés dans la restructuration de la dette, à la baisse des coûts d’importation du pétrole et à l’augmentation des entrées de devises étrangères.
Ensemble, ces exemples illustrent comment des choix politiques rigoureux et une amélioration des équilibres extérieurs peuvent aider les économies africaines à renforcer leurs monnaies, même dans un système financier mondial dominé par le dollar.








