La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a investi un montant record de 2,8 milliards d’euros dans 65 projets dans six économies de la partie méridionale et orientale du bassin méditerranéen (région SEMED), à savoir l’Égypte, la Jordanie, le Liban, le Maroc, la Tunisie, ainsi que la Cisjordanie et Gaza en 2025, renforçant ainsi son « soutien indéfectible aux économies partenaires en ces temps difficiles », dit-elle.
Au total, 70 % des montants investis par la BERD dans la région ont été consacrés au secteur privé. Ce chiffre record pour 2025, qui a fait de la région SEMED le troisième bénéficiaire en volume des investissements de la BERD l’an dernier, fait suite à un investissement total de 2,4 milliards d’euros réalisé dans ces économies en 2024.
En 2025, la BERD a également mobilisé dans la région un montant record de 747 millions d’euros d’investissements privés, contre 514 millions d’euros l’année précédente.
Dans cette configuration, la Tunisie figure dans la 3éme place de la liste des pays bénéficiaires avec 398 millions d’euros investis dans 12 projets. Des investissements qualifiés d’« importants » par la BERD qui précise que ce montant comprend une première tranche de 50 millions d’euros d’un prêt lié au développement d’un montant maximal de 190 millions d’euros accordé à Tunisie Telecom. Ce prêt aidera l’entreprise à faire passer son réseau mobile de la 4G à la 5G, à étendre son réseau de fibre optique (y raccordant jusqu’à 200 000 foyers) et à entreprendre l’adoption de nouvelles normes de cybersécurité.
Avec le soutien de l’UE, la Banque a également réalisé, en Tunisie, son premier investissement dans le cadre de son programme en faveur des jeunes entrepreneurs, prêtant 15 millions de dinars tunisiens à Enda pour appuyer des microentreprises et des PME dirigées par des jeunes de moins de 35 ans. Par ailleurs, un nouveau mécanisme de financement d’une économie verte soutenu par l’UE accorde 59 millions d’euros de prêts à des institutions financières locales pour des projets d’efficacité énergétique, d’énergies renouvelables, d’adaptation au changement climatique et d’économie circulaire, TCX apportant un soutien supplémentaire en matière de couverture du risque de change.
L’Egypte, première récipiendaire
L’Égypte est restée l’une des plus grandes économies d’opérations de la Banque, avec un montant record de 1,3 milliard d’euros investi dans 26 projets l’an dernier. Sur cet investissement, 70 % ont été consacrés au secteur privé, 60 % ont pris la forme de financements verts et près de la moitié ont été consacrés à des projets comportant un volet relatif à l’égalité des genres.
Pour aider à répondre à la demande croissante d’électricité et à intégrer des capacités supplémentaires en énergies renouvelables, la BERD a accordé 200 millions d’euros à la Compagnie égyptienne de transport d’électricité (EETC), premier investissement dans le réseau électrique égyptien réalisé dans le cadre de l’initiative consacrée par le pays au lien eau-alimentation-énergie (NWFE).
Dans le but d’appuyer la transformation numérique de l’Égypte, la BERD et la Banque Misr ont accordé un prêt syndiqué de 68 millions d’euros à Orange Égypte pour l’acquisition de sa licence 5G, qui devrait procurer de nombreux avantages aux consommateurs et aux entreprises. La BERD a également continué d’aider les petites et moyennes entreprises (PME), les entreprises dirigées par des femmes et des jeunes, ainsi que les entreprises clientes qui opèrent dans les secteurs de l’industrie manufacturière, des services, des agro-industries et des produits pharmaceutiques.
Maroc : La palme au secteur privé et aux financements verts
L’Egypte est talonnée par le Maroc où la BERD s’est signalée, en 2025, par un niveau record de 895 millions d’euros, contre 530 millions d’euros en 2024. Sur ces investissements, 33 % ont été consacrés au secteur privé et plus de 80 % à des financements verts.
Un prêt de 300 millions d’euros accordé à l’ONEE renforcera la résilience financière de cette entreprise de services publics. Il s’agit du premier prêt lié à la durabilité accordé dans le secteur de l’énergie dans la région.
Pour préserver l’aquifère du Saïss et promouvoir une gestion durable de l’eau, la BERD a financé à hauteur de 150 millions d’euros la troisième et dernière phase du programme de conservation des eaux de la plaine du Saïss, contribuant à irriguer 20 000 hectares de terres, l’ensemble du programme bénéficiant à 1,8 million de personnes.
Par ailleurs, un prêt de 50 millions d’euros accordé au Crédit du Maroc permettra de financer des investissements verts réalisés par le secteur privé dans le cadre du Programme marocain de décarbonation et de résilience climatique.
Le parent pauvre des interventions de la BERD dans la région SEMED en 2025, a été Gaza & Cisjordanie, à travers six transactions, moyennant 28 millions d’euros pour soutenir l’économie palestinienne. Le montant total cumulé de ses investissements dans cette économie depuis le début de ses opérations dans la région en 2017 s’élève désormais à 185,5 millions d’euros.








