Le Directeur général de la Bourse de Tunis, Bilel Sahnoun, a déclaré que les récentes tensions et la guerre croissante au Moyen-Orient ont contribué à semer une certaine confusion dans les performances des différentes Bourses, soulignant toutefois que l’impact de ces turbulences demeure, jusqu’à présent, limité et faible.
Un impact limité de la guerre au Moyen-Orient
Dans un entretien accordé à « African Manager », Sahnoun a indiqué que l’indice de la Bourse de Tunis, depuis le début du mois de janvier 2026, avait affiché une tendance positive et progressait à un rythme satisfaisant. Il a estimé que l’impact du déclenchement de la guerre en Iran sur le marché tunisien était faible, exprimant son espoir de voir le marché renouer rapidement avec cette dynamique.
Il a également précisé que le nombre de sociétés cotées s’élève actuellement à 75 entreprises, et qu’à la fin de l’année 2025, la Bourse de Tunis avait enregistré des performances positives : l’indice de référence Tunindex avait progressé pour la cinquième année consécutive, avec une hausse de 35,12 %, après une progression de 13,75 % en 2024, 7,90 % en 2023, 14,74 % en 2022 et 2,34 % en 2021.
S’agissant des nouvelles introductions en Bourse, Sahnoun a fait savoir qu’aucun dossier n’est formellement soumis à l’examen de la Bourse de Tunis, précisant toutefois qu’il n’existe pas d’informations précises sur le nombre de dossiers en cours de préparation, que ce soit au niveau des entreprises elles-mêmes ou auprès des intermédiaires, en vue de compléter les procédures requises et de les soumettre ultérieurement à l’examen. Il a ajouté : « En vérité, nous n’avons pas une idée claire du volume des opérations ni du nombre d’entreprises envisageant d’entrer en Bourse. Nous espérons néanmoins réaliser de nouvelles introductions au cours de l’année 2026. »
Des lois qui entravent le développement
Dans le même ordre d’idées, le Directeur général a vivement critiqué le cadre législatif régissant le marché financier, affirmant que la loi n° 117 de 1994 est obsolète et constitue un frein au développement. Il a insisté sur le fait que les textes réglementant la Bourse sont dépassés, qu’ils ne suivent pas l’évolution des marchés financiers mondiaux, ne correspondent plus aux exigences de l’industrie financière contemporaine et limitent l’attractivité des nouveaux investissements.
Il a ajouté que la priorité, dans la période à venir, est de réformer les lois et d’encadrer juridiquement de nouvelles formes d’épargne et de participation actionnariale, en permettant notamment l’investissement immobilier ou la possibilité d’acquérir des indices. Sahnoun a également souligné l’existence de nombreux instruments financiers susceptibles d’être destinés aux investisseurs prudents, qui ne souhaitent pas prendre de risques sur le marché actions, créant ainsi une dynamique sur les marchés et attirant de nouveaux investisseurs.
Le Directeur général a par ailleurs insisté sur la nécessité de trouver une nouvelle formule pour le marché alternatif afin de financer les petites et moyennes entreprises, ou de leur accorder des avantages permettant de réduire les risques.
L’obligation de cotation
Il rappelle que de nombreux pays ont adopté une loi rendant obligatoire la cotation en Bourse lorsqu’une entreprise atteint une certaine taille ou exerce dans un secteur déterminé, dans le but de garantir davantage de transparence et de divulgation d’informations, mais aussi d’augmenter le nombre de valeurs cotées et d’améliorer les performances des marchés financiers.
Concernant le niveau de participation des femmes à l’investissement sur les marchés financiers, Bilel Sahnoun a indiqué que ce chiffre demeure faible, aussi bien en Tunisie qu’à l’échelle mondiale, au motif que les femmes se montrent plus prudentes que les hommes, l’investissement en Bourse comportant une part de risque plus élevée. Il a néanmoins affirmé la nécessité de mettre en place les mécanismes et un environnement propice pour encourager les femmes et les inciter à investir en Bourse.
Dans ce même contexte, le Directeur général a évoqué la faible représentation des femmes dans les conseils d’administration des entreprises cotées, précisant que ce taux a atteint 19 % en 2026, contre environ 13 % en 2022, avant de progresser à 17 % en 2024.
Il estime que ce taux est en amélioration, mais qu’il est possible de faire mieux. Il a mentionné à ce titre l’exemple de certains pays ayant réformé leur cadre législatif en adoptant une loi imposant aux entreprises cotées en Bourse que la représentation féminine dans leurs conseils d’administration ne soit pas inférieure à 40 %.








