Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a promis jeudi de venger les attaques américaines et israéliennes et de maintenir la pression sur le détroit d’Ormuz, accélérant la flambée des cours du pétrole.
Dans son premier message diffusé depuis qu’il a été désigné guide suprême dimanche, Mojtaba Khamenei n’a montré aucune volonté de plier face aux Etats-Unis et à Israël, insistant au contraire sur son désir de venger les victimes de leurs attaques.
Quelques heures plus tard, le chef du Conseil de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, lui a emboîté le pas, affirmant que l’Iran ferait regretter aux Etats-Unis de s’être embarqués dans ce conflit, une « grave erreur de calcul ».
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique iranienne, se disent prêts à une longue campagne pour forcer Washington à la retraite en bombardant les intérêts occidentaux dans le Golfe et ailleurs, quitte à « détruire » l’économie mondiale. Missiles et drones iraniens ont visé des bases et des intérêts américains, mais ont aussi touché aéroports, quartiers résidentiels et installations pétrolières.
L’armée iranienne a menacé jeudi soir d' »incendier » et de « détruire » des infrastructures pétrolières et gazières au Moyen-Orient en cas d’attaque contre ses infrastructures énergétiques et ports.
Plusieurs explosions ont secoué le Golfe jeudi: sur un réservoir d’hydrocarbures à Bahreïn, un immense champ pétrolier en Arabie saoudite, un aéroport au Koweit et un port à Oman.
Mojtaba Khamenei a notamment insisté sur la capacité de l’Iran à semer le chaos dans la région, en réduisant l’offre de pétrole ou en activant ses relais régionaux.
Il a appelé à utiliser « le levier du blocage du détroit d’Ormuz », voie fluviale stratégique qui relie le Golfe à la mer d’Arabie, contrôlée de facto par l’Iran et par où transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
Les Gardiens de la Révolution ont dans la foulée promis de garder le détroit fermé.
Au moins trois navires ont été attaqués, soit un total de six depuis mercredi et 16 depuis le début du conflit, selon l’agence maritime britannique (UKMTO).
Entre poursuite de la guerre et cours du pétrole, le président Trump dit avoir fait son choix: la nécessité de « stopper » l’Iran passe avant les prix du pétrole car, a-t-il dit, il faut « empêcher un empire du mal, l’Iran, de se doter d’armes nucléaires et de détruire le Moyen-Orient, voire le monde entier ».
Dopés par les discours guerriers, les cours du pétrole, qui ont pour certains grimpé de plus de 40% depuis le début de la guerre, ont continué de flamber.
Le baril de Brent, référence internationale pour le pétrole, a terminé jeudi au-delà de 100 dollars, une première depuis août 2022.
Jamais l’approvisionnement mondial en pétrole n’a été aussi perturbé, estime l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Selon elle, le blocage d’Ormuz a contraint les pays du Golfe à réduire drastiquement leur production pétrolière, grevant l’offre mondiale de 7,5%.








