L’Union nationale des guides touristiques indépendants a exprimé, lundi, son vif mécontentement suite à « la décision immédiate et imprévue » d’augmenter les droits d’entrée aux sites et monuments historiques pour les touristes étrangers.
Cette hausse intervient en application d’un arrêté conjoint de la ministre des Finances et de la ministre des Affaires culturelles du 27 mars 2026, portant fixation des droits d’entrée aux musées, monuments historiques et sites archéologiques, publié dans le Journal officiel de la République tunisienne (Jort n°34) du 31 mars 2026. Elle entre en vigueur à partir du 1er avril 2026, avec une nouvelle hausse prévue le 1er janvier 2027.
Dans un communiqué, l’organisation syndicale a dénoncé « une décision marquée par l’improvisation et une exclusion délibérée » des partenaires sociaux du secteur touristique.
Selon l’Union, l’application immédiate de ces nouveaux tarifs, sans préavis ni concertation, a engendré un état de confusion et de chaos au niveau des billetteries et mis les guides dans des situations « embarrassantes » face aux touristes, notamment en raison de l’application de tarifs divergents par rapport à ceux inscrits sur les tickets.
L’Union a, par ailleurs, critiqué les « corrections au stylo » sur les documents officiels pour modifier les prix, considérant qu’il s’agit d’une pratique inacceptable qui porte atteinte à la crédibilité des documents administratifs et à leur valeur comptable, et qui reflète une confusion administrative et une bureaucratie nuisibles à l’image du secteur.
Le surcoût supporté par les voyagistes
Tout en ne s’opposant pas, sur le principe, à une revalorisation des droits d’entrée pour les étrangers, l’Union a rejeté catégoriquement le caractère « arbitraire » de cette mesure, d’autant plus que les agences de voyage tunisiennes, liées par des contrats préalables avec des voyagistes étrangers, seront contraintes de supporter le coût de ces augmentations.
Elle a, ainsi, appelé les guides touristiques à se limiter à fournir des explications à l’intérieur des autocars ou à l’extérieur des sites archéologiques, jusqu’à la révision de l’arrêté en question et la mise en place d’un cadre légal garantissant la dignité des professionnels et la clarté de leur situation sur le terrain.
L’Union a, en outre, affirmé son soutien total à la Fédération interprofessionnelle du tourisme tunisien (FiTT) dans cette crise, appelant les autorités concernées à assumer leurs responsabilités et à adopter une approche participative pour rectifier le tir et préserver les intérêts du secteur touristique.
Rappelons que la Fi2T, avait critiqué, dans un communiqué publié le 3 avril 2026, l’application immédiate de ces augmentations, sans préavis ni concertation avec la profession, bien qu’elle ait reconnu la légitimité d’une réévaluation tarifaire des droits d’entrée aux musées et monuments historiques pour les touristes étrangers pour une meilleure valorisation du patrimoine national.
On rappelle que de nouveaux tarifs d’entrée pour les musées, monuments historiques et sites archéologiques en Tunisie sont entrés en vigueur ce mercredi, en application d’un arrêté conjoint signé par les ministres des Finances et des Affaires culturelles, publié au Journal officiel (n°34).
Ce réajustement introduit un reclassement des sites en cinq catégories (A à E) et prévoit une hausse progressive des prix jusqu’en janvier 2027, en fonction de la valeur historique et des spécificités de chaque site.
Dans ce cadre, le tarif d’entrée au Musée national du Bardo, classé en catégorie A, est fixé à 30 dinars à compter du 1er avril 2026, avant de passer à 45 dinars en janvier 2027. Les sites de catégorie B, incluant notamment Carthage, El Jem et Kairouan, affichent un tarif de 20 dinars, appelé à atteindre 30 dinars au début de l’année prochaine.
Par ailleurs, des tarifs préférentiels sont accordés aux Tunisiens et aux résidents étrangers, variant de 4 dinars pour les sites de catégorie E à 9 dinars pour ceux de Carthage. Un tarif réduit unique de 2 dinars est maintenu au profit des écoliers, étudiants et jeunes titulaires de la carte « Jeune ».








