Entre les machines électriques qui caracolent en tête des exportations et une facture énergétique toujours aussi lourde, la Tunisie navigue à vue dans un commerce extérieur marqué par des contrastes saisissants. Les chiffres des deux premiers mois de 2026, publiés par l’Institut National de la Statistique (INS), dessinent le portrait d’une économie tiraillée entre secteurs porteurs et dépendances structurelles, le tout sur fond de surprises inattendues.
– L’électrique et l’huile d’olive, stars des exportations
Avec 3,02 milliards de dinars de ventes à l’étranger (+21 % sur un an), les machines et appareils électriques confirment leur statut de locomotive industrielle du pays. Juste derrière, l’huile d’olive tire son épingle du jeu avec 1,32 milliard de dinars exportés (+20,5 %).
Le textile, lui, résiste sans éclater. Avec 1,28 milliard de dinars d’exportations, le secteur tient bon, mais les signes de fatigue sont là.
– Véhicules : Un déséquilibre criant

Les véhicules restent un gouffre financier. Malgré une légère hausse des exportations de pièces détachées et de câblage automobile, la Tunisie importe trois fois plus qu’elle n’exporte. « On achète des voitures, mais on ne vend presque rien en retour », résume un expert.
Le textile reste excédentaire, mais de justesse. Les exportations reculent légèrement (-1,9 %), tandis que les importations de matières premières (coton, fibres synthétiques) baissent aussi (-2,9 %). « On vend moins, mais on importe moins aussi. Le secteur se maintient, mais sans dynamisme », explique un industriel.
– Énergie et sucre : Les poids lourds du déficit
Avec 2,38 milliards de dinars engloutis en deux mois (+0,7 %), la facture énergétique reste le talon d’Achille de l’économie tunisienne. Les importations de sucre ont explosé de 740 %, passant de 43 à 319 millions de dinars.
– Une économie en équilibre instable
La Tunisie exporte mieux, mais importe presque autant. Les secteurs porteurs (électrique, huile d’olive, aéronautique) tirent le pays vers le haut, mais les dépendances structurelles (énergie, voitures) et les surprises incompréhensibles (sucre) rappellent la fragilité de l’équilibre.
« On a des atouts, mais on reste vulnérable », résume un économiste. La question est désormais : comment transformer ces succès ponctuels en dynamiques durables ?
Faut-il miser sur les secteurs performants (électrique, aéronautique) pour réduire le déficit ?
Ou tenter de briser les dépendances (énergie, voitures) malgré les coûts ? Pourquoi cette explosion des importations de sucre ?








