Le paysage automobile tunisien termine le mois de mars 2026 sur une note complexe. Si le volume global des immatriculations affiche une stabilité de façade, les équilibres internes du marché sont en pleine mutation. Entre la montée en puissance irrésistible des constructeurs asiatiques et le repositionnement des enseignes européennes et les défis logistiques persistants, le secteur entame une année charnière.
– Le Top 10 : L’Hégémonie de l’Orient
Le classement des meilleures ventes en mars confirme une tendance lourde : le consommateur tunisien privilégie désormais le rapport technologie-prix-garantie, un triptyque maîtrisé par les marques d’Asie.
Kia (City Cars) : Le leader historique maintient son trône. Sa capacité à livrer rapidement des modèles populaires comme la Rio ou le Sportage reste son principal atout.
Hyundai (Alpha Hyundai Motor) : Talonnant le premier, Hyundai capitalise sur une gamme hybride de plus en plus visible dans le paysage urbain tunisien.
Toyota (BSB Toyota) : La marque japonaise profite de son image de fiabilité légendaire et de sa domination sur le segment des motorisations auto-rechargeables, très prisées face à la hausse des prix des carburants.
Chery (STA) : C’est la performance la plus spectaculaire. En misant sur le segment des SUV hautement équipés (Tiggo), Chery s’installe durablement au pied du podium.
Suzuki (Car Pro) : La marque reste imbattable sur le segment des citadines économiques, captant une large part de la classe moyenne.
Volkswagen (Ennakl Automobiles) : Premier européen, le constructeur allemand résiste grâce à la force de son réseau et à la fidélité de sa clientèle « flotte » (entreprises).
Peugeot (Stafim) : Malgré une concurrence agressive, le Lion maintient ses volumes grâce au succès continu du 2008 et du 3008.
Geely (Sotudis) : En fermant la marche du Top 10, Geely symbolise l’acceptation définitive des standards de qualité chinois par le marché local.

– Top 5 des Méventes : Les Enseignes en Quête de Souffle
À l’autre extrémité du spectre, certaines marques traversent une zone de turbulences. Ces reculs ne sont pas toujours dus à un désamour du produit, mais souvent à des contraintes structurelles.
1) Ford : Le constructeur américain enregistre le repli le plus marqué du trimestre. Le manque de renouvellement sur certains segments clés et des délais de livraison allongés pèsent lourdement sur ses volumes.
2) Seat : Longtemps plébiscitée par les jeunes cadres, la marque espagnole souffre d’un positionnement prix devenu complexe face à l’offensive des marques asiatiques offrant plus d’options pour un investissement moindre.
3) Nissan : En retrait significatif, Nissan semble peiner à redynamiser son catalogue, particulièrement sur le segment des Crossovers où la concurrence est devenue féroce.
4) Citroën : La marque aux chevrons est actuellement en phase de transition. Ses performances mensuelles reflètent une attente du marché pour des modèles plus en phase avec les nouvelles attentes technologiques.
5) Mitsubishi : Malgré une robustesse reconnue, la marque pâtit d’une gamme étroite et d’une présence marketing plus discrète, la reléguant en queue de peloton pour ce mois de mars.
Vers une année de rupture ?
L’analyse de ce mois de mars 2026 montre que le marché ne se contente plus de « vendre des voitures ». Il vend désormais de la disponibilité et de la technologie. Les concessionnaires qui parviendront à sécuriser leurs stocks tout en proposant des solutions de financement innovantes seront les grands gagnants d’un exercice 2026 qui s’annonce riche en rebondissements.








