La Tunisie a gagné cinq places et est désormais classée 76e au niveau mondial dans l’Indice mondial de l’innovation (GII) 2025, publié par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Avec un score global de 27 points, le pays occupe la cinquième place des économies les plus innovantes d’Afrique.
L’indice annuel évalue la capacité d’innovation de 139 économies, mesurant la performance sur l’ensemble de la chaîne de valeur, des ressources investies aux résultats tangibles, sur la base de dizaines d’indicateurs, dont les dépenses de R&D, les niveaux d’éducation, la production scientifique, les dépôts de brevets et la diffusion technologique.
Les 5 plus grands innovateurs d’Afrique
En tête du classement africain, on trouve Maurice, 53e au niveau mondial (32,5 points), suivie du Maroc (31,1 points), qui a atteint son meilleur classement historique grâce aux progrès réalisés dans ses infrastructures, son industrie et ses écosystèmes d’innovation émergents. L’Afrique du Sud (30,1 points) et les Seychelles (27,2 points) complètent le top 5 régional, la Tunisie fermant la marche.
Plus bas dans le classement régional figurent l’Égypte (24,7), le Botswana (24,6), le Sénégal (23,8), la Namibie (23,5) et le Cap-Vert (22,6). L’Algérie se classe nettement plus bas, à la 115e place mondiale avec 18,9 points, pénalisée par de faibles performances dans plusieurs piliers de l’innovation, notamment l’investissement et la recherche.
Les forces et les faiblesses de la Tunisie
Selon le rapport, « la Tunisie continue de miser sur la force de son capital humain et l’émergence de ses écosystèmes d’innovation, notamment dans l’enseignement supérieur et la science ».
Les meilleurs scores du pays se trouvent dans le pilier « Entreprises, diversification et taille du marché » (68,3 points), suivi par les technologies de l’information et de la communication (66,1 points) et l’éducation (63,6 points), confirmant les atouts structurels en matière de formation et d’intégration économique.
Cependant, les scores de la Tunisie restent faibles en matière de R&D (7,0 points), d’investissement (3,9 points) et d’infrastructures générales (4,9 points), soulignant des défis persistants.
Suisse, Suède, USA, trio de tête
La Suisse arrive en tête du classement mondial de l’innovation avec 66 points, grâce à un écosystème de recherche dynamique, une forte densité d’investissements en R&D et une étroite collaboration entre universités, entreprises et centres technologiques. Elle est suivie par la Suède (62,6), les États-Unis (61,7), la Corée du Sud (60,0) et Singapour (59,9).
Dans le monde arabe, les Émirats arabes unis se classent premiers au niveau régional et 30e au niveau mondial avec 44,2 points, ce qui reflète des investissements massifs dans la technologie, les infrastructures numériques et la diversification économique, selon le rapport.
Investissements globalement positifs
Les investissements dans l’innovation ont été globalement positifs en 2024, à l’exception de ceux dans le capital-risque. Pourtant, la croissance de ces investissements se situe à un niveau exceptionnellement bas.
Après le ralentissement observé en 2023, les investissements dans l’innovation ont montré des signes de reprise en 2024 – mais cette reprise reste fragile et la plupart des investissements dans l’innovation sont inférieurs à la tendance de la croissance sur le long terme.
La recherche-développement des entreprises atteint un niveau record, mais accuse un net ralentissement : les dépenses des entreprises en recherche-développement ont atteint le chiffre record de 1 300 milliards de dollars US en 2024. Toutefois, la croissance en termes nominaux a ralenti pour s’établir à 3,2%, soit 1% en termes réels, un chiffre nettement inférieur à la moyenne de 8% enregistrée au cours de la dernière décennie. Le contraste est sectoriel : les entreprises dans le domaine des TIC (en particulier dans les secteurs à forte intensité d’IA), les entreprises de logiciels et les entreprises pharmaceutiques ont augmenté leurs budgets de recherche-développement, tandis que les entreprises manufacturières traditionnelles, telles que celles du secteur automobile et des biens de consommation, ont réduit leurs dépenses de recherche-développement, souvent en réponse à une forte baisse des recettes.








