Le vice-président de la commission des Finances à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Dhafer Sghiri, a affirmé que la Tunisie se trouve aujourd’hui face à une situation économique délicate nécessitant des réformes profondes et courageuses. Selon lui, la loi de finances 2027 sera déterminante au vu des défis financiers et économiques auxquels l’État est confronté, notamment l’élargissement de l’écart entre les recettes et les dépenses ainsi que l’augmentation des pressions sociales et budgétaires.
Il a expliqué, au micro d’Expresso, ce lundi 18 mai 2026, que les préparatifs du prochain budget de l’Etat suivent actuellement les mécanismes habituels de concertation entre le Ministère des Finances et les différents ministères et structures publiques. Il a toutefois précisé que le gouvernement n’a pas encore dévoilé les grandes orientations de la future loi de finances, ce qui fait que les discussions actuelles relèvent davantage de l’analyse et des prévisions que de données officielles définitives.
Sghiri a également indiqué que l’éventualité d’une loi de finances complémentaire pour 2026 reste envisageable, notamment en raison des évolutions internationales et de la hausse des prix du pétrole. Il a rappelé que le budget de l’État avait été élaboré sur la base d’un prix du baril compris entre 63 et 64 dollars, alors que les prix actuels avoisinent les 85 dollars, créant ainsi un écart financier susceptible d’imposer des ajustements au niveau des équilibres budgétaires.
Il a insisté sur le fait que la Tunisie ne peut plus continuer à fonctionner avec les systèmes économiques actuels sans véritables réformes. Il a estimé qu’une révision du système des subventions est devenue incontournable compte tenu de la situation financière difficile de l’État, marquée par l’augmentation continue des dépenses sociales et la réduction des marges de manœuvre budgétaires.
Il a considéré que le taux de croissance enregistré au premier trimestre 2026, estimé à 2,6 %, demeure moyen et insuffisant face à l’ampleur des défis économiques du pays, soulignant que la Tunisie a besoin d’un rythme de croissance beaucoup plus élevé pour sortir réellement de la crise économique.
Le vice-président de la commission des Finances a également relevé que plusieurs secteurs stratégiques, notamment celui du phosphate et des mines, continuent de souffrir de difficultés structurelles ayant un impact direct sur les performances économiques, malgré les améliorations enregistrées dans d’autres secteurs comme l’agriculture et l’huile d’olive.
Et d’affirmer que les projets de loi prioritaires aujourd’hui sont la révision du Code des changes et la nouvelle loi sur l’investissement. Selon lui, ces réformes pourraient provoquer une véritable transformation de l’économie tunisienne en facilitant l’investissement, en améliorant le climat des affaires et en attirant davantage de transferts et d’investissements des Tunisiens résidant à l’étranger.








