Les voitures particulières (VP) constituent le cœur du marché automobile tunisien. À fin avril 2026, elles cumulent 15 504 unités, en hausse de 18,7 % par rapport aux 13 064 de la même période en 2025. Le mois d’avril seul enregistre 5 280 immatriculations contre 4 839 un an auparavant, soit une progression de 9,1 %.
– Kia et Hyndai campent en tête
Kia maintient son leadership avec 2 089 unités YTD et une PDM de 13,5 %, en amélioration de 1,8 point par rapport à la PdM de 11,7 % enregistrée sur la même période en 2025. Hyndai suit de près avec 2 042 unités et 13,2 % de PDM, en légère érosion par rapport aux 14,2 % de 2025. L’écart entre les deux premières marques reste minimal, annonçant une fin d’année sous tension.
Chry se positionne au 3e rang en VP avec 1 119 unités (PDM de 7,2 %), en hausse de 39 %. La marque chinoise confirme ainsi sa stratégie de montée en puissance sur le segment particulier. Renault, 4e, affiche 980 unités et voit sa PdM reculer de 8,9 % à 6,3 %, un signal préoccupant pour le premier distributeur historique du marché tunisien.
La structure du segment VP reflète une recomposition profonde des préférences. Les SUV compacts et crossovers continuent de dominer les ventes, au détriment des berlines conventionnelles. L’émergence des marques chinoises et la montée en puissance des véhicules électriques et hybrides dessinent un paysage concurrentiel radicalement différent de celui d’il y a trois ans.
– VUL ISUZU écrase la concurrence
Le segment des véhicules utilitaires légers (VUL) confirme sa dynamique positive sur les quatre premiers mois de 2026. Avec 6 031 unités immatriculées en cumul à fin avril, contre 5 088 sur la même période en 2025, la catégorie progresse de 18,5 %. Le seul mois d’avril 2026 totalise 1 790 unités, en hausse marquée de 23,4 % par rapport aux 1 451 d’avril 2025.
ISUZU installe une hégémonie quasi totale sur le marché du VUL tunisien. Avec 1 846 unités YTD et une PDM de 30,6 %, la marque devance l’ensemble de ses concurrents avec un écart colossal. En croissance de 110,7 % par rapport aux 876 unités de 2025, ISUZU a quasiment doublé son volume, profitant d’une offre adaptée aux besoins des professionnels tunisiens et d’un réseau de distribution solide via Afrique Auto.
TOYOTA se maintient à la 5e place avec 287 unités (PDM de 4,8 %), en quasi-stabilité avec une progression de seulement 2,5 %. À l’inverse, VOLKSWAGEN s’effondre presque totalement dans ce segment, passant de 284 à seulement 6 unités (recul de 97,9 %), confirmant que sa gamme utilitaire en Tunisie a pratiquement disparu du marché actif.
Le VUL joue un rôle clé dans l’économie productive tunisienne. Sa croissance de 18,5 % traduit une reprise de l’investissement des professionnels, des PME et des artisans, une donnée qui dépasse la simple lecture automobile pour signaler un regain de confiance dans l’activité économique.
– Concessionnaires : une concentration qui masque des fortunes divergentes
La hiérarchie des concessionnaires automobiles tunisiens reflète celle des marques qu’ils représentent, mais avec des dynamiques propres à chaque groupe. City Cars (KIA) prend la deuxième place avec 2 091 unités et 9,7 % de PDM. AHM (Hyndai & Genesis) suit de près avec 2 042 unités (9,5 %).
Cinq groupes concentrent à eux seuls 48,5 % du marché total des immatriculations neuves. Une concentration qui illustre le poids des grands réseaux multimarques dans l’écosystème automobile tunisien.
– BSB, STA et Italcar : trois stratégies différentes
BSB Automobiles (TOYOTA) affiche 1 188 unités (5,5 % de PDM), confirmant la solidité du réseau Toyota malgré le repli de la marque en volume. STA (CHERY) totalise 1 119 unités (5,2 %), reflet de la percée de la marque chinoise. Italcar, malgré un portefeuille dispersé (Jeep, Alfa Romeo, Iveco, Changan, Fiat), atteint 987 unités (4,6 %), un chiffre tiré essentiellement par Fiat et Iveco.
Sotudis (Mahindra principalement, avec Ssangyong) totalise 690 unités grâce à la demande pour les véhicules bon marché et robustes.
La concentration au sommet coexiste avec un éparpillement notable dans la partie basse du classement, où des acteurs comme JMC, Economic Auto ou encore Wallys Services (67 unités) peinent à peser. La survie de ces petits acteurs dépend de la capacité à se différencier sur le service, la garantie ou des niches de clientèle spécifiques.
– Voitures Populaires : La Kia Picanto retrouve son trône
Le segment des voitures populaires, regroupant les modèles d’entrée de gamme (segments A et B) à vocation grande accessibilité, totalise 3 233 unités immatriculées en cumulé à fin avril 2026, contre 3 040 sur la même période en 2025, soit une progression modeste de 6,3 %. Le seul mois d’avril 2026 enregistre 1 389 unités, en hausse de 8,5 % par rapport aux 1 280 d’avril 2025.
La KIA Picanto s’impose en tête avec 666 unités YTD, contre seulement 253 sur la même période en 2025, soit une croissance de 163 %. Ce bond spectaculaire la propulse au sommet d’un segment où elle avait perdu du terrain l’an dernier. Affichée à 32 287 dinars, elle demeure l’une des propositions les plus compétitives en termes de rapport prix-équipement.
L’Hyundai Grand i10, 2e avec 636 unités (contre 577 en 2025, +10,2 %), confirme la solidité de sa clientèle fidèle. La Renault Kwid, 3e avec 605 unités, recule légèrement (contre 662, soit -8,6 %), pénalisée par des ruptures partielles de stock et une concurrence accrue. La Chery Tiggo 1X se maintient à la 4e place avec 590 unités (contre 543, +8,7 %), confirmant son ancrage dans le segment populaire tunisien, à 32 340 dinars.
La progression de 6,3 % du segment populaire est inférieure à celle du marché global (+18,6 %). Cet écart souligne une tension structurelle : le pouvoir d’achat des ménages tunisiens ne suit pas la dynamique générale du marché, qui est davantage tirée par les segments intermédiaires et supérieurs. Le segment A-B, censé être le premier point d’accès à la motorisation neuve, peine à retrouver sa fonction de moteur de volume. La fourchette de prix comprise entre 28 457 et 35 433 dinars reste un frein pour une large frange de la population.








