Le secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), chargé du département des études et de la documentation, Ahmed Jaziri, a indiqué, vendredi 3 juillet 2026, que l’organisation syndicale a reçu une correspondance du ministère des Finances l’invitant à soumettre ses propositions concernant le projet de loi de finances pour 2027 (PLF 2027).
Il a expliqué, au micro d’Expresso, que l’UGTT avait élaboré une série de propositions et les avait transmises au ministère des Finances. Celles-ci n’ayant pas été retenues, l’organisation a décidé de les publier dans son journal « Echaâb ».
Il a précisé que ces propositions s’articulent autour de quatre axes principaux : la réforme fiscale, l’investissement public, la réforme des entreprises publiques et la rationalisation de l’endettement, tout en soulignant la nécessité de relancer le dialogue social, qu’il considère comme un pilier essentiel de la réussite des réformes économiques et sociales.
Réforme fiscale
Concernant la réforme fiscale, Jaziri a indiqué que l’UGTT plaide pour une révision du système fiscal afin de remédier à ce qu’il qualifie « d’injustice fiscale » ayant pénalisé la classe moyenne ces dernières années. Dans ce cadre, le syndicat propose de relever le seuil de la tranche exonérée de l’impôt sur le revenu de 5 000 dinars à 7 000 dinars, soit un niveau proche du salaire minimum. Il recommande également de restructurer le barème de l’impôt en portant le nombre de tranches de sept à neuf et en relevant le plafond de la tranche supérieure à 100 000 dinars, dans le but de renforcer la progressivité de l’impôt et d’alléger la pression fiscale sur la classe moyenne.
Il appelle en outre à élargir l’assiette fiscale en intégrant l’économie informelle dans le circuit économique organisé.
Investissement public
S’agissant de l’investissement public, Ahmed Jaziri a révélé que l’UGTT propose de porter les crédits d’investissement à 8 milliards de dinars, soit environ 10 % du budget de l’État, en accordant la priorité aux grands projets, notamment dans les domaines des infrastructures et des transports.
Il a ajouté que l’organisation syndicale préconise également de passer d’une politique consistant à financer les déficits des entreprises publiques à une politique de financement de leurs investissements, à travers l’élaboration d’un plan national de redressement, visant en particulier la Compagnie des phosphates de Gafsa et Tunisair, ainsi que la création d’un Fonds national pour la réforme des entreprises publiques. Selon lui, plusieurs entreprises publiques souffrent de problèmes de gouvernance qui nécessitent une prise en charge dans le cadre d’une vision globale de réforme








