AccueilLa UNEEpargne nationale-Tunisie : Toujours la portion congrue nonobstant une reprise en 2025

Epargne nationale-Tunisie : Toujours la portion congrue nonobstant une reprise en 2025

Levier de croissance économique et pilier de la sécurité financière des ménages, l’épargne en Tunisie additionne les déconvenues au travers de chiffres régulièrement dérisoires à rebours de ce qui se passe alentour. Au Maroc, son taux a atteint 29,6% du produit intérieur brut en 2025, et devrait progresser à 30,3%, cette année. En Algérie, l »épargne sous toutes ses formes s’établissait en Algérie à 38,1% en 2024, légèrement au-dessus de la moyenne Mena (35,1%) mais reste inférieure à la moyenne mondiale (52,8%). En France, elle est signalée au taux de 17,4%.

La Tunisie ne semble pas s’inscrire dans cette dynamique même si l’épargne nationale y a enregistré une légère reprise de 1,5% en 2025, après une contraction de 5,1% l’année précédente, portant ainsi le taux d’épargne à 5,3% du Revenu National Disponible Brut (RNDB), contre 5,6% en 2024, d’après le rapport annuel de la BCT pour l’année 2025 qui vient d’être publié.

Toutefois, la hausse du taux d’investissement (15,5% contre 15,2%) a contribué à l’élargissement de l’écart de financement entre la FBCF (Formation Brute de Capital Fixe) et l’épargne pour s’établir à 10,0 % du PIB contre 9,4% une année auparavant.

La FBCF est l’agrégat qui mesure, en comptabilité nationale, l’investissement (acquisition de biens de production) en capital fixe des différents agents économiques résidents.

D’après la BCT, le redressement de l’épargne nationale s’explique principalement par la hausse de l’épargne intérieure, soutenue par la progression de l’activité économique. La croissance du PIB nominal (+8%) a été en effet plus rapide que celle de la consommation (+7,4%). À cela s’ajoute la contribution positive du secteur extérieur, notamment à travers l’augmentation des transferts effectués par les Tunisiens résidents à l’étranger, passant de 12,7% à 15,2% d’une année à l’autre, pour atteindre 11 445 MD, soit 6,6% du PIB.

Un « redressement » chez l’Administration centrale

En particulier, l’épargne de l’Administration centrale a poursuivi son redressement pour la deuxième année consécutive, sous l’effet d’une progression des recettes propres, notamment fiscales, à un rythme plus soutenu que celui des dépenses de fonctionnement. Ainsi, l’excédent des ressources propres et dons par rapport aux dépenses courantes, (y compris les intérêts de la dette) est passé de 409 MD à 903 MD d’une année à l’autre. Toutefois, ce niveau demeure faible et n’a permis de couvrir que 9,3% des dépenses d’équipement, contre 4,1% en 2024.

Quant au taux de financement intérieur de la FBCF, il a connu une baisse, revenant de 38,4% à 35,4%, soit un niveau qui demeure nettement en deçà des besoins de financement, reflétant une insuffisance structurelle de l’épargne intérieure, liée notamment à la faiblesse des revenus, à une propension élevée à la consommation et à des déséquilibres budgétaires persistants. Dans ces conditions, le financement de la FBCF continue de dépendre largement des ressources extérieures, notamment à travers l’endettement extérieur et les flux nets d’investissements étrangers.

Pour l’année 2026, la BCT s’attend à un redressement de l’épargne nationale, mais celui-ci demeurerait limité pour couvrir les besoins d’investissement, maintenant ainsi l’écart de financement à un niveau élevé.

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