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Tunis :Un souffle chaud de tension sociale accueille Essid. A qui profite la grève?

Une nouvelle vague de grèves, toutes aussi sauvages que la plus part de celles qui ont eu lieu avant les élection, semble vouloir accueillir le nouveau chef de gouvernement désigné, avant même qu’il ne termine la formation de son gouvernement et alors que se décident toujours qui resterait et qui partira de l’actuel gouvernement partant de Mehdi Jomaa.

Coup sur coup, des grèves dans les secteurs de l’enseignement, du phosphate et du transport. Celle du transport touche même plusieurs régions et plus d’une société du secteur. A Tunis, elle commence par un débrayage impromptu qui paralyse toute la capitale tunisienne et ses banlieues. Elle se termine par une grève ouverte, mais toujours sur fond, non pas de lutte sociale, mais de revendications matérielles. Des grèves qui interviennent ou moment où le pays traverse une conjoncture plus que délicate et à la fin d’une journée où le gouverneur de la BCT et le ministre des finances tiraient la sonnette d’alarme sur la fausse désormais béante du déficit courant et le déficit en milliards de dinars du déficit commercial, sur l’endettement extérieur qui est désormais de 43.7% sans compter les prochaines sorties sur lesw marchés financiers. Tout cela faisait dire, à juste titre, au, ministre de l’économie et des finances Hakim Ben Hamouda, que 2015 sera une année de transition économique, mais pas encore de relance économique.

Comme les 43 % des grèves qui ont augmenté de 13 % en 2014, les deux dernières grèves, dans le secteur des phosphates et du transport, ont été sauvages, en ce sens qu’elles n’avaient pas respecté les procédures administratives. Elles reflètent certes une remontée de la grogne sociale qui ne semble pas vouloir se calmer malgré la fin de la période de transition politique et pour donner un certain répit social au nouveau gouvernement pour qu’il puisse réussir sa mission de sauvetage d’une économie à la dérive.

Les employés de la compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) ont entamé depuis lundi une grève à l’appel du syndicat de base en signe de protestation contre le refus du ministère de l’industrie, de l’énergie et des mines de verser la prime de production des employés de la compagnie pour les années 2012 et 2013. Les activités d’extraction du phosphate brut ont été par conséquent suspendues dans les mines de la compagnie dans les délégations de Metlaoui, Medhila, Om Laarayes et Redeyef ainsi que dans les unités de production du phosphate commercial à Kef Eddour, Metlaoui et Mdhilla.

Dans le secteur du transport, c’est la grève des employés de la Transtu, doublée d’une grève des cadres de la Compagnie tunisienne de navigation. Selon Moncef Ben Romdhane, secrétaire général de la Fédération du transport relevant de l’UGTT, les grévistes ont agi en réponse à la promesses non tenue du gouvernement concernant le versement de la prime de fin d’année exigée par les employés depuis décembre 2014 dont la valeur globale est estimée globale de 4.5 millions de dinars, et ce suite à un accord conclu entre la partie syndicale et les autorités. Selon le ministère, se serait une mésentente, entre employés et administration, sur les modalités de calcul de la prime de fin d’année, normalement faite pour encourager les plus travailleurs des employés et qui ne saurait être généralisée au mépris des lois en vigueur. Une grève, d’autant plus incompréhensible, qu’elle paralyse une sociétédéjà déficitaire de 1480 MDT.

Il est cependant, selon nous, temps de se demander à qui profite la grève. Certainement pas à une entreprise, la Transtu, déjà hautement déficitaire. Certainement pas ensuite à un gouvernement qui sera appelé à de lourdes tâches dont l’impact devrait toucher, plus que les employés du phosphate ou du transport, mais à TOUT UN PAYS. Certainement pas aussi, à une centrale syndicale, partenaire économique de ce prochain gouvernement et qui devrait ainsi mettre le holà à cette nouvelle flambée de tension sociales, pour aider son partenaire. A bon entendeur, salut.

AM. W.T

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