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Tunis : Najla Harrouch n’écarte pas une augmentation des prix en 2015

C’est la question qui se pose et se repose. Quand les Tunisiens verront-ils le bout du tunnel de la flambée des prix ? Après le lait, voici que d’autres produits de base devraient connaître à leur tour une hausse, cette année. Intervenant lors d’un séminaire organisé, jeudi, à l’initiative de la maison de l’exportateur (Cepex) sur le thème : « Les matinales de l’exportateur », un événement qui devrait être organisé le premier vendredi de chaque mois, Najla Harrouch Moalla, ministre du Commerce et de l’Artisanat n’a pas écarté l’éventualité que les prix augmentent en 2015.

Dans une déclaration à la presse en marge de cette rencontre, la ministre a reconnu que les prix pourraient augmenter durant l’année 2015, faisant savoir que les prix , à l’instar de l’exportation, dépendent de la production, de la productivité et du travail.

La ministre a, à ce propos, expliqué que le taux d’inflation en Tunisie depuis juillet à décembre a baissé chaque mois de 0,2% pour finir l’année 2014 avec un taux d’inflation de 5% contre 6%, l’année d’avant. Pour l’année 2015, Harrouch a indiqué que la hausse des prix du lait est attendue et est programmée depuis 2014 et qu’elle a été une nécessité pour protéger la production nationale. « On a mené de larges concertations avec toutes les parties concernées avant de décider cette augmentation tout en prenant en considération l’intérêt du producteur aussi bien que celui du consommateur », a-t-elle dit.

Evoquant « Les matinales de l’exportateur », Najla Harrouch s’est félicitée de cette initiative destinée à aider et accompagner les entreprises exportatrices à s’acquitter de leur mission tout en échangeant les informations et partager les expériences.

Elle a, à ce propos, appelé les exportateurs à préserver le marché européen, le principal marché de la Tunisie malgré la récession que connaît cet ensemble, et ce en raison du fait que plusieurs entreprises exportatrices tunisiennes sont très liées à ce débouché.

Najla Harrouch a aussi appelé à accorder un grand intérêt au marché africain, soulignant qu’un programme a été initié en 2015 entre le ministère de tutelle et le CEPEX pour accompagner les entreprises tunisiennes sur ce marché. « Il faut y aller aujourd’hui avant demain pour ne pas devoir faire face à une rude concurrence », a-t-elle dit.

Les pays du Maghreb à l’instar du Maroc, la Mauritanie ou encore la Libye demeurent aussi, selon elle, des marchés intéressants pour la Tunisie dont la balance est excédentaire non seulement avec la Libye mais aussi avec l’Algérie (déduction faite du pétrole et du gaz).

Najla Harrouch a, dans ce cadre, révélé qu’une convention de libre échange entre la Tunisie et la Mauritanie est à un stade très avancé alors que celle avec l’Algérie est en train de progresser.

De son côté, Noureddine Hajji, directeur général du cabinet Ernest Young Tunisie, a précisé que l’Afrique est un pôle d’attraction de premier plan pour les IDE, avant de souligner que la forte ascension de l’Afrique est une réalité et que 11 économies africaines figurent parmi les 20 premières économies mondiales à connaître la plus rapide expansion.

Il a, dans le même cadre, appelé à accorder une grande importance et un grand intérêt aux exportations de la Tunisie sachant que, rapportées à son PIB, elles sont plus importantes que celles des pays comparables dans la région.

Quant à lui, Fayçal Ben Ameur, maître de conférences, a évoqué l’essoufflement du modèle actuel de l’exportation en Tunisie qui s’est traduit par l’aggravation du déficit commercial qui a pesé sur le déficit courant pour atteindre 8,2% du PIB (fin 2013).

Cela se reflète également dans la baisse du niveau des réserves de change qui ont régressé à 106 jours d’importations (fin 2013) et dans la dépréciation continue du Dinar par rapport aux principales devises (USD et EURO).

Comme alternative, Ben Ameur a appelé à opter toujours pour une stratégie de croissance induite par l’exportation, bien que les exportations tunisiennes demeurent concentrées sur deux secteurs et orientées principalement vers le marché de l’UE.

Il a, sous un autre angle, reconnu que la compétitivité du secteur industriel tunisien demeure faible et dépendante des cours du dinar et que la reprise tant attendue dans la zone euro devrait étayer une relance du secteur industriel, particulièrement des manufactures européennes externalisées en Tunisie (offshore).

Ben Ameur a, en outre, précisé que le secteur des services pourrait être appelé à jouer un rôle plus important dans les exportations tunisiennes pourvu que le secteur touristique surmonte ses difficultés liées à la baisse de qualité de l’infrastructure hôtelière et au poids de sa dette, que des investissements plus conséquents soient orientés vers le secteur des TIC et qu’une meilleure exploitation du capital humain exerçant dans le domaine de la santé et de l’éducation soit réalisée par les investisseurs.

« Il faut explorer les potentialités des pays émergents du Sud-est asiatique et d’Amérique latine, les pays BRICS, d’autres pays européens comme la Turquie et surtout des pays africains », a-t-il conclu.

Kh.T.

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