Au lendemain de la proclamation des résultats préliminaires du deuxième tour des Présidentielles, le président sortant Moncef Marzouki a annoncé la création d’un nouveau parti politique, baptisé « le mouvement du peuple des citoyens ».
Ce parti censé encadrer les partisans des partis et personnalités politiques qui l’ont soutenu pendant ces échéances, aura vocation à « garantir l’avenir de la Tunisie et protéger la force et l’énergie des jeunes et du peuple tunisien » selon Marzouki qui pérorait mardi devant une foule de partisans du haut du balcon du quartier général de sa campagne électorale à l’Ariana, tout en rejetant tout retour au système de l’ancien régime.
En plus clair, Marzouki, dans les quelque 13000000 voix qu’il a obtenues dimanche dernier, a ciblé non seulement Ennahdha en indiquant que son parti serait un mouvement populaire de gauche, mais aussi les jeunes du Front Populaire de plus en plus insatisfaits des tergiversations de leur direction, jugée incapable de tirer profit des sièges remportés au sein de l’ARP.
Avec ce ciblage, le président sortant œuvre pour que son nouveau parti soit le numéro 1 de l’opposition en menant la vie dure à Nidaa Tounes qui a remporté les élections législatives tenues le 26 octobre, mais aussi au mouvement Ennahdha qui a relativement perdu les échéances électorales et dont la position n’était pas claire concernant la candidature aux présidentielles.
Le parti aurait un rôle limité dans le paysage politique
Pour Jomaa Guesmi, expert en politique, Moncef Marzouki semble céder à l’arrogance en prenant une telle décision intervenant à un moment particulier où le pays a achevé le processus électoral avec succès. « Le président sortant a certes recueilli plus d’un million de voix, mais il fallait attendre la dynamique politique pour créer son propre parti », a-t-il déclaré dans un entretien téléphonique avec Africanmanager. Il a estimé qu’il est encore tôt de parler d’une éventuelle constitution d’un nouveau parti étant donné que cette annonce pourrait signifier la fin de CPR.
Il a toutefois relevé que Moncef Marzouki a le droit de former un nouveau parti qui viendrait certainement en harmonie avec ses principes et ses visions. « C’est clair que Marzouki veut poursuivre sa carrière politique à la tête d’un parti qu’il positionne à gauche », a souligné Jomaa Guesmi affirmant cependant que « le Mouvement du peuple citoyen n’aura pas un effet important encore moins la force nécessaire pour changer le paysage politique ».
Marzouki veut s’emparer des voix nahdhaouis
Abdelfatteh Mourou, leader au mouvement Ennahdha et vice-président du parlement, pour sa part, a fait savoir que « le président sortant sait très bien qu’il n’aurait pas pu obtenir le résultat qui est le sien sans le mouvement Ennahdha. Car, une grande partie des partisans du mouvement qui ne voulaient pas voter pour Beji Caïd Essebsi, ont choisi Moncef Marzouki».
« Est-il logique éthiquement parlant de s’accaparer les voix d’Ennahdha après avoir été son partenaire dans le gouvernement de la troika ? », s’est interrogé Mourou lors de son passage à Jawhara tout en appelant Marzouki à encadrer ses partisans pour ne pas déclencher une guerre civile.
Mourou a en fait justifié son appel par le recours de Marzouki à la rue afin de réaliser ses ambitions pour le pouvoir. Et c’est dangereux, selon ses dires.
Le CPR fera partie de la « dynamique »
De son côté, Imed Daimi, secrétaire général de CPR a fait remarquer que le «Mouvement du peuple citoyen» n’est pas un nouveau parti ou mouvement politique. Il s’agit d’une interaction avec la base populaire élargie qui s’est regroupée autour de Marzouki, a noté Daimi à Africanmanager.
D’après lui, c’est un appel pour se fédérer autour d’un projet national libéral national dont la forme n’était pas précisée.
Imed Daimi a signalé que son parti, le CPR, va réagir positivement avec ce projet afin de mettre fin à l’hémogénie, défendre les libertés tout en poursuivant l’instauration d’un système démocratique.
Wiem Thebti








