Le calme est revenu dans la ville d’El Hamma ce lundi après midi après de violents troubles et affrontements qui avaient éclaté dans la matinée. C’est ce que nous ont assuré des témoins oculaires sur place.
Ils ont affirmé que les unités de l’Armée nationale se sont déployées devant les édifices publics « sensibles » de manière à les protéger et garantir la stabilité.
Le calme a été rétabli après des affrontements entre les forces de l’ordre et plusieurs jeunes dont le nombre dépasse les centaines rassemblés pour protester contre les résultats publiés dimanche par les instituts de sondage annonçant la victoire le candidat de Nidaa Tounes, Béji Caïd Essebssi.
Un climat de tension a régné sur la ville où les manifestants ont incendié deux locaux de l’institution sécuritaire et le siège du district de la sûreté nationale qui a été attaqué, obligeant les agents de la sécurité à faire usage de gaz lacrymogène pour disperser les protestataires. Constat : plusieurs manifestants ont été asphyxiés, ce qui a nécessité leur hospitalisation et un agent de la sûreté a été blessé.
Ce climat de troubles n’a pas épargné la ville de Tataouine où le siège du parti Nidaa Tounès a été incendié suite à l’annonce de la victoire de Béji Caïd Essebsi aux élections présidentielles, selon des activistes de la société civile.
Les unités sécuritaires feront face à tous actes attentatoires
De son coté, le ministère de l’Intérieur s’est dit indigné les « agressions gratuites » qui ont ciblé les postes de police et de la garde nationale dans la ville d’El Hamma. Dans un communiqué rendu public, le ministère a averti que les unités sécuritaires feront face à toutes formes d’actes attentatoires à l’ordre public par tous les moyens légaux. Il a dans ce cadre rappelé que les unités sécuritaires assurent la protection des rassemblements pacifiques sur la voie publique à la suite de l’achèvement du processus électoral et à l’occasion de la proclamation des résultats du scrutin.
Le conseil régional de la sécurité du gouvernorat de Gabès a tenu une réunion urgente en présence des représentants de la société civile qui demandent la libération des manifestants arrêtés dimanche soir.
Des affrontements limités dans le temps
L’expert en politique, Jomaa Guesmi nous a déclaré que ces affrontements sont le résultat d’un discours parfois « houleux », tenu par Moncef Marzouki, provoquant une recrudescence des clivages régionaux.
Il a par ailleurs affirmé que ces affrontements sont limités dans le temps dont les répercussions restent minimes. Au delà de ce constat, il a appelé tous les intervenants à accepter les résultats de ce deuxième tour des élections qui se sont déroulées dans les meilleures conditions. Une position est partagé rappelle-t-on par plusieurs organisations nationales et internationales ayant affirmé qu’il n’a pas eu d’incidents graves relevés pendant le jour de scrutin. « J’espère que tous les partis vont se mobiliser afin d’apaiser les tensions à travers un discours qui réunira tous les Tunisiens et assurer la stabilité étant donné que la cohésion du tissu social et l’unité nationale sont plus que jamais nécessaires pour faire face aux multiples défis à commencer par le dossier sécuritaire et social en passant par le dossier économique », a-t-il ajouté.
Marzouki appelle ses partisans à cesser la violence
La position de Jomaa Guesmi est proche de celle de Moncef Marzouki, président de la République provisoire sortant qui n’a pas manqué d’exprimer son inquiétude des mouvements non pacifiques ayant un lien avec les résultats des élections présidentielles.
Dans un communiqué publié ce lundi, Marzouki qui a félicité son adversaire pour sa victoire, a appelé à « la cessation de toutes formes d’incitation à la violence et à l’escalade de la tension en ces moments délicats ». Car, la réussite des élections et l’achèvement de l’étape de transition constituent un grand acquis pour tous les Tunisiens quels qu’en soient les choix et les orientations, mettant l’accent sur « la nécessité de faire preuve d’esprit sportif et de placer l’intérêt national au dessus de tous les autres calculs ».
Wiem Thebti








